Cannes 2019 : 13 réalisatrices sélectionnées, vive les femmes !

Le directeur délégué du Festival de Cannes Thierry Frémaux s’est réjoui jeudi 18 avril lors de l’annonce de la sélection officielle de la 72e édition (du 14 au 25 mai) que "le cinéma ouvre de plus en plus grand ses portes aux réalisatrices". En réalité, ce festival 2019 s’annonce en nombre, égal à celui de 2011, avec 13 femmes, toutes catégories confondues, dont quatre en compétition, sept dans la section Un certain regard et deux en Séances spéciales.

La réalisatrice italienne Alice Rohrwacher pose avec le Grand Prix en main au festival de Cannes, le 24 mai 2014.
La réalisatrice italienne Alice Rohrwacher pose avec le Grand Prix en main au festival de Cannes, le 24 mai 2014. (LOIC VENANCE / AFP)

Sous-représentation féminine

La représentation des réalisatrices et actrices avait été le point fort du 71e Festival de Cannes en 2018 dans la foulée de l’affaire Weinstein et du retentissement mondial du mouvement ♯MeeToo. La présidente du jury était l’actrice australienne Cate Blanchett, très militante dans le combat contre le harcèlement sexuel. Un  autre événement avait été une montée des marches exclusivement féminine le 8 mai, en présence de 82 réalisatrices, actrices et productrices sur le tapis rouge pour une photo qui fait date.

Aux reproches faits aux organisateurs de donner peu de place aux femmes, Thierry Frémaux ne cesse de répéter que c’est le résultat de leur sous-représentation dans la profession. Ainsi sur les 272 cinéastes ayant vu leur film récompensé par une des plus hautes distinctions du festival (Palme d'or, Grand prix et Prix du jury ces dernières années), 12 étaient des femmes, soit 4,4%, selon un décompte de l'AFP. Quant à la Palme d’or, seule Jane Campion se l’est vue attribuer en 1993 pour La Leçon de piano.

Un festival 2019 plus féminin mais peut mieux faire

Après trois femmes en lice pour la Palme l'an dernier, la sélection 2019 est la plus féminine de l'Histoire, à égalité avec celle de 2011, même si elles restent très minoritaires. Au total, 13 femmes seront présentes dans l'ensemble de la sélection, composée d'une cinquantaine de films, a souligné Thierry Frémaux.

Du côté de la compétition, quatre femmes, dont deux Françaises seront en lice pour la Palme d’or, face à 21 réalisateurs (ou coréalisateurs), pour 19 films sélectionnés à cette heure (d’autres étant attendus d’ici le 14 mai). Céline Sciamma (très remarquée en 2007 pour La Naissance des pieuvres à Un certain regard) est sélectionnée avec Portrait de la jeune fille en feu interprété par Adèle Haenel. Justine Triet retrouve son actrice de Victoria (2016), Virginie Efira, dans Sibyl.

Autres réalisatrices en compétition, Mati Diop, nièce du cinéaste sénégalais Djibril Diop Manbety. Elle présentera son premier film de fiction Atlantique, une histoire de migrants. Une quatrième femme sera en compétition, l'Autrichienne Jessica Hausner (Amour fou) pour Little Joe, sur les transformations génétiques.

Sept réalisatrices à Un certain regard

La section Un certain regard fait la part belle aux premiers films, notamment réalisés par des femmes : Monia Chokri (La Femme de mon frère), Danielle Lessovitz (Fort Authority), et Annie Silverstein (Bull).

Zabou Bretman et Eléa Gobbé Mévellec cosignent le film d’animation Les Hirondelles de Kaboul, d’après le roman éponyme de Yasmina Khadra (Edition Julliard). L’algérienne Mounia Medour (Edwige) signe Papicha, Maryam Touzani (Razzia), également algérienne, est en lice avec Adam et l’Américaine Annie Silverstein sera à Cannes avec Bull.

Dans les Séances spéciales, Pippa Bianco, également Américaine, présentera Share, un premier film, alors que la syrienne Waad Al Kateab cosigne avec Edward Watts For Sana, un documentaire sur le conflit syrien.