L'affaire Weinstein "a permis de mettre des mots sur la violence du quotidien", estime la présidente de l'association Femmes solidaires

Sabine Salmon, la président de l'association Femmes solidaires, a réagi jeudi sur franceinfo à la publication des chiffres qui montrent une importante augmentation du nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles.

Le nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles a respectivement augmenté de 12% et 10% en 2017 par rapport à 2016. Ci-contre, les messages #MeToo et #Balancetonporc écrits sur une main lors d\'une manifestation place de la République à Paris, le 29 octobre 2017 (photo d\'illustration).
Le nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles a respectivement augmenté de 12% et 10% en 2017 par rapport à 2016. Ci-contre, les messages #MeToo et #Balancetonporc écrits sur une main lors d'une manifestation place de la République à Paris, le 29 octobre 2017 (photo d'illustration). (BERTRAND GUAY / AFP)

Le nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles a nettement augmenté l'an dernier en France, de respectivement 12% et 10% par rapport à 2016, selon des chiffres publiés jeudi 25 janvier par le ministère de l'Intérieur. Gérard Collomb évoque un "effet Weinstein" du nom de l'affaire qui a libéré la parole des femmes victimes d'abus. Sabine Salmon, la présidente de l'association Femmes solidaires, a réagi à la publication de ces chiffres sur franceinfo.

franceinfo : Êtes-vous d'accord pour dire que le phénomène "Weinstein" a permis aux femmes de libérer leur parole ?

Sabine Salmon : Exactement, notre association est sur le territoire à travers 190 antennes avec des permanences d'accueils et d'écoutes. On a eu une explosion de femmes qui libèrent leur parole depuis cette affaire, qui mettent des mots sur les violences qu'elles subissent. C'est très important pour une personne d'identifier la violence à laquelle elle est confrontée. Cette affaire a permis à de très nombreuses femmes de mettre des mots sur la violence du quotidien.

Au-delà de la libération de la parole, il y a aussi des actes et des dépôts de plainte. Ces mots se traduisent de manière judiciaire, est-ce une avancée ?

C'est une avancée parce qu'il y a plusieurs étapes dans le parcours d'une femme victime de violence. C'est déjà d'identifier la violence dans laquelle elle se trouve et ensuite c'est d'avoir la force d'effectuer une plainte. Là on est dans une augmentation de 10% et 12% [du nombre de dépôt de plaintes] ce qui est très positif. C'est énorme dans le parcours d'une femme qui est victime de violence.

En quoi est-ce si difficile d'engager une procédure judiciaire et d'aller jusqu'au bout de cette procédure ?

Parce que c'est très long. C'est malheureusement trop long et on demande à la justice que ça aille plus vite dans le traitement des dossiers. La victime passe par des hauts et des bas, quelques fois il peut y avoir des pressions extérieures. Libérer une parole, dire qu'on a été victime de viol, ça peut être aussi compliqué pour l'entourage. Ça peut aussi engendrer beaucoup de choses autour de la personne victime. Notre rôle est vraiment de soutenir ces femmes qui sont dans cette démarche-là, de les accompagner jusqu'au bout pour qu'on arrive jusqu'au jour-J du procès.