Affaire Harvey Weinstein : "Si une femme décide d'avoir des relations sexuelles avec un producteur, ce n'est pas du viol", défend son avocat

Benjamin Brafman a esquissé la ligne de défense de son client dans la presse britannique.

Le producteur américain Harvey Weinstein, le 16 octobre 2016 à New York (Etats-Unis).
Le producteur américain Harvey Weinstein, le 16 octobre 2016 à New York (Etats-Unis). (DENNIS VAN TINE / STAR MAX / AP / SIPA)

De simples "promotions canapé" plutôt que des violences sexuelles. Dans un entretien au quotidien britannique The Times, l'avocat d'Harvey Weinstein a dévoilé, samedi 3 mars, la ligne de défense du producteur américain accusé par une centaine de femmes de les avoir harcelées, agressées ou violées"Si une femme décide qu'elle a besoin d'avoir des relations sexuelles avec un producteur d'Hollywood afin de faire avancer sa carrière et qu'elle le fait en effet (...) ce n'est pas du viol", estime Benjamin Brafman.

"Vous avez pris la décision volontaire que vous êtes prêt à faire quelque chose qui est personnellement répugnant dans le but de faire avancer votre carrière, poursuit celui qui avait défendu Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel. Ce n'est pas un crime." "La promotion canapé n'a pas été inventée par Harvey Weinstein", affirme aussi Benjamin Brafman, avant d'assurer que l'industrie du cinéma avait déjà cette réputation "avant [sa] naissance".

Des enquêtes à New York, Los Angeles et Londres

Depuis les premières révélations du New York Times début octobre, plus d'une centaine de femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé Harvey Weinstein de violences sexuelles. Plusieurs victimes présumées l'ont assigné en justice. Le producteur de 65 ans est aussi sous le coup d'enquêtes menées par les polices de New York, Los Angeles et Londres, même s'il n'a fait l'objet d'aucune inculpation jusqu'ici.

Face à ces accusations, qui ont donné naissance au mouvement anti-harcèlement #MeToo, les avocats d'Harvey Weinstein ont toujours démenti qu'il ait eu des rapports sexuels non consentis. En février, Benjamin Brafman a assuré que, "si le comportement de Harvey Weinstein n'a pas été irréprochable, il n'y avait certainement rien de criminel et à la fin de l'enquête, il apparaîtra clairement que Harvey Weinstein a promu plus de femmes à des rôles-clé que tout autre responsable du secteur".