Suspension du nouveau Gaston Lagaffe : "Franquin a signé un contrat pour la poursuite de Gaston en 1992", affirme l'avocat des éditions Dupuis

Les éditions Dupuis ont décidé de reporter la publication de l'album à après la décision d'arbitrage attendue pour la fin du mois de septembre, selon Alain Berenboom, avocat de la maison d'édition, lundi sur franceinfo.

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Exposition Gaston, au-delà de Lagaffe, à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou, le 7 décembre 2016 (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

"Les éditions Dupuis ont décidé de reporter la publication du nouvel album de Gaston Lagaffe à après la décision d'arbitrage attendue pour la fin du mois de septembre", explique lundi 16 mai sur franceinfo l'avocat de l'éditeur, Alain Berenboom. "Soit l'arbitre suit notre thèse et Gaston peut renaître sous la plume de Delaf [scénariste et dessinateur canadien], soit c'est non." Alors que la fille de Franquin estime que la volonté de son père était de ne pas poursuivre les aventures de Gaston Lagaffe avec d'autres auteurs, Maître Alain Berenboom assure que "Franquin a signé un contrat pour la poursuite de Gaston en 1992".

franceinfo : Pourquoi avez-vous suspendu la publication du nouveau Gaston Lagaffe ?

Alain Berenboom : Les éditions Dupuis ont décidé de suspendre la prépublication dans le journal de Spirou et de reporter la publication de l'album à après la décision d'arbitrage attendue pour la fin du mois de septembre. Ça ne sert à rien de mettre de l'huile sur le feu. Il faut trancher une bonne fois pour toutes et savoir si Dupuis a le droit ou non de poursuivre Gaston et la nouvelle série sous la plume de Delaf en gardant un climat apaisé sans peser sur l'arbitrage. Ce sera tout ou rien. Soit l'arbitre suit notre thèse et Gaston peut renaître sous la plume de Delaf, soit c'est non.

Qu'attendez-vous de la justice et avec quels arguments ?

Sur le plan juridique, il y a une chose de certain, c'est que la seule trace écrite de la volonté de Franquin, c'est un contrat qu'il a signé en 1992 avec son éditeur aujourd'hui repris par Dupuis. Il y est expréssement mentionné que Franquin accepte que Gaston soit poursuivi par un autre auteur, pour autant que ça se fasse sans problème éthique ou artistique, comme il l'avait fait d'ailleurs six ans plus tôt avec le Marsupilami. Autrement dit, Franquin, ou aujourd'hui son héritière, peut au nom du droit moral dire que telle ou telle planche ne convient pas parce que le gag serait contraire à l'univers de Gaston ou que la BD serait mal dessinée. Elle ne peut pas le faire de manière abstraite en soulevant simplement le droit moral comme si c'était le droit de veto de la Russie au Conseil de sécurité. Ce n'est pas le Gaston de Franquin, c'est le Gaston de Delaf, comme les nouveaux Astérix ne sont plus d'Uderzo ou les nouveaux Lucky Luke ne sont plus de Morris.

Aviez-vous consulté Isabelle Franquin avant d'entreprendre cet album ?

Isabelle Franquin a effectivement été consultée puisque le 7 décembre, Dupuis lui a remis les 44 pages qui forment le nouvel album de Delaf. On attendait ses observations, qui sont d'ailleurs venues avec beaucoup de retard, et elle a finalement dit qu'elle pensait que la volonté de son père était de ne pas le publier. S'il n'est pas contestable qu'il avait dit à un certain nombre de personnes qu'il n'avait pas envie que Gaston se poursuive, il a dit le contraire à d'autres. Une chose est sûre, c'est qu'il a signé la poursuite de la série dans un contrat conclu avec son éditeur.

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