Mordillo, le génial dessinateur humoristique, est mort

Sa disparition a été annoncée dimanche par le journal espagnol El País. Il avait 86 ans.

Le dessinateur Guillermo Mordillo à une exposition qui lui était consacrée à Krems, en Autriche, le 6 mars 2015
Le dessinateur Guillermo Mordillo à une exposition qui lui était consacrée à Krems, en Autriche, le 6 mars 2015 (HERBERT PFARRHOFER / APA / MaxPPP)

Guillermo Mordillo, illustre dessinateur argentin, est mort dans la nuit de vendredi à samedi après avoir fait un malaise dans un restaurant de l'île de Majorque, à proximité de l'appartement où il vivait avec son épouse, a indiqué dimanche le quotidien ibérique El País.

Fils d'immigrants espagnols, né le 4 août 1932 dans l'agglomération de Buenos Aires, Mordillo est devenu illustrateur à 16 ans. Il est parti à Lima, au Pérou, à 23 ans, avant de séjourner aux États-Unis dans les années 60 où il a réalisé des dessins animés pour la Paramount, travaillant notamment sur le personnage de Popeye...

Un maître de la poésie et de l'absurde

Mais c'est dans les années 70 que cet infatigable voyageur, admirateur de Buster Keaton, qui fut une grande source d'inspiration pour lui, a connu une renommée mondiale pour ses dessins muets penchant volontiers du côté de l'absurde, gorgés de poésie, de couleurs, d'humour noir, un humour qu'il surnommait lui-même "la tendresse de la peur".

Sa carrière l'a également fait poser ses valises en France, à Paris en 1963, où il a travaillé pour les revues Le Pèlerin et Paris-Match, mais aussi Pif Gadget ou Marie-Claire, avant d'être également publié par le magazine Stern, en Allemagne, ou encore en Angleterre.

En 1980, Mordillo s'est installé à Majorque, en Espagne, avant de revenir en France en 1998. Ces dernières années, il résidait entre Majorque et la Principauté de Monaco. Ses œuvres ont fait le tour du monde, du Japon à son pays d'origine où il n'avait publié qu'un seul ouvrage, selon le quotidien argentin La Nación qui continuait de publier son travail chaque semaine.

"Les gens me demandent parfois comment me vient une idée. C'est clair pour moi : les idées sont comme des papillons, elles volettent de façon fugace et j'essaie de les attraper", disait-il en 2011 dans une interview citée par l'AFP.

Vague d'hommages sur les réseaux sociaux

Dans un mail à l'AFP, Peter et Geraldine Radzimn, de la société Art Petrus basée à Monaco, qui diffusait les tirages de collection de ses œuvres, ont évoqué l'émotion suscitée par la disparition de Mordillo : "Nous avons reçu un grand nombre de condoléances à travers les réseaux sociaux qui reflètent sa popularité à travers le monde et le respect qu'il inspirait à toutes les générations."

De fait, sur les réseaux sociaux, l'annonce de sa disparition a suscité de nombreux hommages - forcément - pleins d'illustrations colorées, parmi lesquels celui du dessinateur Boulet.