Le Japon veut quadrupler les exportations de ses mangas, dessins animés et jeux vidéo d'ici 2033

Berceau des mangas, des animés épiques et de jeux vidéo au succès mondial, le pays considère ses industries créatives comme un moteur de croissance au même titre que l'acier et les semi-conducteurs.
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
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Un ballon géant du personnage Monkey D. Luffy, issu de l'animé japonais "One Piece", dans les rues de New York à l'occasion de la parade de Thanksgiving. (CHINA NEWS SERVICE)

Dans sa stratégie baptisée "Cool Japan" publiée mardi 4 juin, le gouvernement a déclaré qu'il souhaitait porter les exportations de ces biens culturels à 20 000 milliards de yens d'ici 2033. En 2022, les secteurs du jeu, de l'anime et du manga ont rapporté à l'étranger quelque 4 700 milliards de yens, soit près de 28 milliards d'euros, non loin des 5 700 milliards de yens générés par les exportations japonaises de puces électroniques, selon les statistiques du gouvernement.

"Ces dernières années, les contenus tels que les animes et les mangas ont joué un rôle extrêmement important pour attirer un public jeune de plus en plus nombreux depuis l'étranger, leur servant de porte d'entrée au Japon", a commenté le gouvernement dans sa nouvelle feuille de route.

L'essor de la diffusion en streaming, alimenté par la pandémie de Covid-19, a contribué à renforcer la notoriété mondiale des dessins animés japonais, notamment des franchises telles que Demon Slayer, dont les longs-métrages cartonnent au box-office mondial. Le phénomène en plein essor des YouTubers animés virtuels, ou "Vtubers", jouant à des jeux vidéo, contribue également à renforcer le pouvoir d'attraction du Japon à l'étranger, selon le gouvernement nippon.

Une lutte contre les diffusions illégales

En combinant la croissance de ces secteurs avec des industries connexes telles que la mode, les cosmétiques et le tourisme, le Japon vise même un bénéfice économique de 50 000 milliards de yens d'ici 2033, ce qui représente près de 300 milliards d'euros au cours actuel.

La nouvelle stratégie prévoit également de renforcer la lutte contre les sites internet distribuant illégalement des animes et des mangas traduits dans d'autres langues, comme l'anglais ou le vietnamien. "Le renforcement des mesures contre les sites de piratage est essentiel à l'expansion du marché mondial" et "une action intergouvernementale rapide est nécessaire pour faire face à cette crise", insiste le gouvernement japonais, selon qui une partie des recettes publicitaires de ces sites est reversée à des groupes criminels.

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