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Un visage pour "L'Origine du monde" ? "Fantaisiste", selon le musée d'Orsay

Le musée a finalement réagi à l'hypothèse développée par un spécialiste du peintre Gustave Courbet, selon laquelle le sulfureux tableau serait un fragment d'une toile plus grande dont il aurait identifié le visage.

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"L'Origine du monde", du peintre français Gustave Courbet, est exposée au musée d'Orsay, à Paris. (RIEGER BERTRAND / HEMIS.FR / AFP)

Comme l'indiquait francetv info dès jeudi, le musée d'Orsay a des réserves sur l'hypothèse développée par un spécialiste du peintre Gustave Courbet, selon laquelle L'Origine du monde serait un fragment d'une toile plus grande dont il aurait identifié le visage. Sortant de sa réserve, le musée a finalement qualifié vendredi 8 février de "fantaisiste" cette théorie. Contacté par francetv info, le musée d'Orsay s'était refusé à commenter ce tableau gênant ou génial, car il a été "expertisé dans le privé".

Le musée d'Orsay, où le tableau, peint en 1866, est conservé depuis 1995, a finalement proclamé vendredi dans un communiqué que "L'Origine du monde n'a pas perdu sa tête". "C'est une composition achevée et en aucun cas le fragment d'une œuvre plus grande", assure le musée.

Jeudi, l'hebdomadaire Paris-Match avait révélé les dernières recherches de Jean-Jacques Fernier, auteur du catalogue raisonné de Gustave Courbet. Selon lui, le sulfureux tableau, qui représente un sexe de femme, a été découpé dans un nu plus large représentant une femme étendant les bras. Il estime qu'une petite huile sur toile, représentant la tête renversée d'une femme brune qui semble s'abandonner au plaisir, est la tête qui va avec ce sexe.

Des caractéristiques communes à d'autres tableaux

"Une certitude est confirmée par tous les témoignages du XIXe siècle: le tableau visible chez le diplomate Khalil Bey, son premier propriétaire et probable commanditaire, était bien une 'femme nue, sans pieds et sans tête'", déclare Orsay. Les éléments relatifs à la technique de l'œuvre "ne révèlent que des données très habituellement observées sur les toiles des peintres de cette époque : la toile et les pigments utilisés ici ont été préparés de façon industrielle", souligne le musée. "L'Origine du monde présente par conséquent des caractéristiques techniques tout à fait communes que l'on retrouve sur des centaines de toiles contemporaines", selon Orsay.

Mais Jean-Jacques Fernier persiste et signe. "Il y aura toujours des gens pour râler", a-t-il dit vendredi. Il a accueilli avec flegme les nombreuses critiques que son hypothèse a déclenchées dans les milieux de l'art. "Le tableau que j'ai expertisé est une œuvre de Courbet. Il s'agit d'une partie découpée d'une esquisse plus grande. Pour moi, il est clair et net que ce portrait va avec L'Origine du monde", assure l'expert, qui a longtemps été le conservateur du musée Courbet à Ornans, la ville natale du peintre. "Je vais donc l'inclure dans le tome III de mon catalogue raisonné en préparation et je préciserai 'tableau de Courbet et collaboration'", a dit Jean-Jacques Fernier.

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