L'artiste JR soutient les femmes iraniennes en créant une performance dans un parc de New York

JR a dessiné à New York le visage d'une jeune femme tuée dans les manifestations en Iran, en invitant des volontaires à constituer ses cheveux
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France Télévisions Rédaction Culture
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Une performance de JR à New York, en hommage aux femmes iraniennes (4 décembre 2022) (DIANE DESOBEAU / AFP)

L'artiste français JR a présenté dimanche 4 décembre à New York sa dernière performance, en soutien à la lutte des Iraniennes contre le régime de Téhéran : dans un parc il a dessiné le visage d'une jeune Iranienne morte pendant les manifestations et sa chevelure a été formée par une centaine de volontaires.

Face au siège des Nations Unies

"En tant qu'artiste, on se demande souvent comment on peut aider des causes qui sont aussi justes et qui, quelque part, concernent beaucoup de gens dans le monde, beaucoup de femmes dans le monde, surtout en ce moment et en Iran", a expliqué à l'AFP Jean René, plus connu sous son nom d'artiste JR.

Après plusieurs semaines de réflexion, il a décidé d'avoir recours à des volontaires pour composer les cheveux de la jeune Nika Shakarami, morte à 16 ans lors des manifestations déclenchées en Iran par la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre, après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne qui jugeait qu'elle ne portait pas son voile correctement. Une tante de Nika Shakarami a transmis à l'artiste français une des dernières photos publiées sur les réseaux sociaux par la jeune fille, retirée depuis.

JR a choisi le parc des Quatre libertés sur Roosevelt Island, une île au milieu de l'East River qui longe l'est de Manhattan, face au siège des Nations Unies, pour présenter son œuvre dimanche 4 décembre. Grâce à ce groupe de volontaires, plus d'une centaine, les cheveux de Nika reprennent vie au rythme du vent glacial qui souffle sur New York. Cette photo "comptait beaucoup pour la famille", a-t-il affirmé. Il avait présenté pour la première fois son œuvre au Brésil.

"Les gens sont des cheveux"

"A notre petite échelle, c'est une des rares choses qu'on puisse faire, et donc créer une image comme ça, quelque part, ça ramène de l'attention pour montrer aussi qu'à l'autre bout du monde on pense à toutes ces femmes et tous ces gens qui se battent sur place", a expliqué cet artiste engagé, qui a déjà présenté des œuvres autour du mur de séparation entre le Mexique et les Etats-Unis, du conflit israélo-palestinien ou plus récemment de la guerre en Ukraine.

"Je me suis dit qu'il faudrait que je crée une image où les gens sont les cheveux et une image qui ne peut pas se faire sans les gens, sans l'aide des gens", a-t-il ajouté. L'architecte iranienne Aila Ahkhmi, 36 ans, qui a participé avec plus d'une centaine d'autres volontaires à la composition du voile, a dit espérer que "notre voix" parvienne jusqu'à l'Iran, où, "malheureusement, tant la population que les activistes et les artistes sont empêchés de parler parce qu'immédiatement ils sont arrêtés et emprisonnés".

La police des mœurs supprimée

Cette performance fait partie de la campagne Des yeux sur l'Iran promue par des femmes iraniennes membres d'organisations comme Pour les libertés, Voix vitales ou la coalition mondiale Femme, vie, liberté, qui au moment de son lancement le 28 novembre dernier a reçu le soutien de l'ex-candidate à l'élection présidentielle américaine Hillary Clinton.

Cette campagne s'efforce d'obtenir de l'Organisation des Nations Unies qu'elle expulse l'Iran de la Commission de l'ONU sur la condition de la femme, lors d'un vote attendu le 14 décembre.

Selon un dernier bilan fourni par le général Amirali Hajizadeh, du corps des Gardiens de la Révolution, il y a eu plus de 300 morts lors des manifestations depuis le 16 septembre. Les autorités iraniennes ont finalement annoncé dimanche la suppression de la très contestée police des mœurs mais les commentateurs politiques estiment qu'il s'agit surtout d'un effet d'annonce, avant la grande manifestation prévue cette semaine en Iran.

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