Interview "On met à disposition un outil pour libérer l'envie de créer" : la street art school Posca, une plateforme dédiée à l’art en accès libre dans la rue

À partir d'une œuvre de street art installée dans la ville, un QR code permet de découvrir des savoirs, des techniques et des artistes.
Article rédigé par Corinne Jeammet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Portrait à partir de l'oeuvre de street art de Lula Gorce visible au 9c rue Jules Ferry à Chatou (LULA GORCE / POSCA)

La street art school Posca vient d'ouvrir ses portes avec un concept inédit : l’art et son histoire au coin de la rue, en accès libre. Depuis un smartphone, il suffit de flasher le QR code en bas d'une des neuf œuvres de street art disséminées dans trois pays - France, Belgique, Suisse - pour accéder à des masterclass proposées par des professeurs d’histoire de l’art et des conférenciers des plus grands musées parisiens.

Le marqueur de peinture Posca veut rendre l’art accessible au plus grand nombre et valoriser le street art via cette école, lieu d’enseignement mais aussi de découverte et d’ouverture. Rencontre et explications avec Mélanie Lafarge, directrice marketing & communication pour Mitsubishi Pencil France (Uni-Ball & Posca).

Le mode d'accès au cours de cette école est original. Comment est né ce projet ?  

Mélanie Lafarge : en fait, la street art school Posca est la prolongation de valeurs de marque que nous avons depuis fort longtemps qui est de rendre accessible l'art à tous par le biais d'un art urbain disponible dans la rue de façon gratuite. Nous avons ce projet depuis toujours : aujourd'hui, nous proposons de nombreux ateliers gratuits, accompagnons des expositions mais nous voulions travailler ce sujet dans une plus grande dimension. Depuis plus d'un an, nous sommes sur ce projet de plateforme digitale accessible à tous. C'est une collaboration entre Posca, l'agence de communication TBWA, des experts de l'art - professeurs et conférenciers - et, bien sûr, les artistes avec qui nous avons choisi les œuvres. 

Comment avez-vous sélectionné ces neuf street artists internationaux ?
Ce sont des artistes - certains de renom dans leur univers - que nous connaissions car utilisateurs de Posca. Nous avons été motivés par l'intérêt de la situation de leur œuvre : nous voulions qu'elles soient plutôt magistrales, visibles d'assez loin et installées dans des lieux atypiques et dispersés. Elles sont sur de grands murs, de grandes façades d'immeubles : par exemple, à Rouen, celles de Giulio Vesprini est sous un pont, tandis que celle de Kraken est sur une façade d'un restaurant du côté de Bastille à Paris. 

Leurs œuvres sont réparties entre la France, la Suisse et la Belgique ?
Aujourd'hui, on en a neuf dont six sont déjà disponibles. Elles sont réparties essentiellement en France mais aussi en Suisse et Belgique.

Comment sont diffusés ses cours ?
À côté des œuvres, nous avons apposé un QR code qui permet d'accéder, de façon digitale, au site et, donc, aux cours liés à chacune d'elles. Vous avez, alors, une petite vidéo en motion design explicative. Par exemple, pour l'œuvre dont la thématique est le portrait, la vidéo explique d'où il vient, son parcours de l'Antiquité à nos jours, comment il est codifié en termes d'histoire de l'art. Si vous en voulez plus, vous avez aussi accès à un podcast de 20 à 30 minutes.

Ces neuf œuvres abordent des thèmes aussi variés que le portrait, la peinture animalière, la calligraphie, la lumière, la perspective, l’aplat, l’abstraction, la nature morte et la figuration. Les six premiers thèmes sont d'ores et déjà disponibles.

Comment ont été choisis professeurs et conférenciers ?
Nous avons contacté des professeurs ayant une expertise dans ce domaine. Ce sont des professeurs d'histoires de l'art et des conférenciers qui interviennent dans les plus grands musées parisiens. Pour que cela soit le plus pédagogique et le plus fluide possible dans les explications, ils ont une certaine éloquence.

Peinture animalière à partir de l'oeuvre de Kraken visible au 48 boulevard Beaumarchais à Paris (KRAKEN / POSCA)

Ce n'est pas vraiment une école au sens classique ?
Le côté école était une façon de projeter ce projet pour le rendre le plus compréhensible possible. Ce n'est pas une école diplômante, c'est une plateforme digitale pour rendre l'art accessible à tous que Posca supporte. Les artistes et les professeurs ont été rémunérés. Nous ne voulons pas nous substituer à une quelconque école. Notre but : c'est de mettre de façon assez ludique à disposition un outil pour libérer l'envie de créer.

La plateforme est collaborative ?
Pour offrir encore plus de contenus, la plateforme est collaborative en effet. L'idée est de créer l'engouement : au-delà du côté accessible à tous, on souhaite aussi que cela soit participatif, collaboratif et vertueux dans un souhait de partage. Donc street artists et professeurs d’art peuvent postuler pour y participer et proposer de nouvelles œuvres, intéressantes en tant qu'appui de cours pour de nouvelles thématiques. 

L'aplat à partir de l'oeuvre "All Cats are beautiful" de Kashink, visible au 12 rue Sacandicci à Pantin (KASHINK / POSCA)

Ce marqueur peinture, né au Japon, il y a plus de 40 ans, a-t-il évolué ?

Du street-art aux Beaux-Arts, très vite, les artistes se sont approprié ce produit et ont fait l'histoire de la marque dans le milieu artistique et il s'est démocratisé chez les street artistes mais aussi dans les écoles d'art, les agences de design et même l'univers de la mode. Karl Lagerfeld faisait tous ses croquis avec ce marqueur, tout comme Jean-Charles de Castelbajac. Ce souhait de libérer la créativité - avec ces marqueurs qui s'utilisent sur tous les supports (bois, pierre, verre...) - fonctionne très bien aussi auprès des amateurs avec, par exemple, la tendance à la customisation chez les adolescents qui s'approprient ainsi leur propre objet. 

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