Des portraits de Simone Veil signés de l'artiste C215 tagués de croix gammées

Des tags antisémites ont été retrouvés sur des portraits de Simone Veil. L'oeuvre vandalisée avait été réalisée par un street-artiste sur des boîtes aux lettres du 13e arrondissement. Ce dernier a restauré dès mardi ses portraits après avoir annoncé qu'il s'en fera désormais "le gardien".

Deux portraits de Simone Veil tagués de croix-gammées dzans le 13e arrondissement de Paris. 
Deux portraits de Simone Veil tagués de croix-gammées dzans le 13e arrondissement de Paris.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)
"Abject", "lâche". Le street-artiste Christian Guémy a dénoncé sur les réseaux sociaux l'acte de vandalisme dont ses œuvres ont été victimes. Ses portraits de l'ancienne ministre et rescapée de la Shoah Simone Veil ont été tagués lundi 11 février de croix gammées. Celui qui est aussi connu sous le nom de C215  s'est scandalisé sur Twitter cet après-midi. Il a expliqué avoir réalisé cette œuvre l'an dernier, pour fêter la panthéonisation de Simone Veil.
Mardi 12 février, l'artiste a repeint ses portraits.
https://twitter.com/christianguemy/status/1095343537321701376
"Ne cédons rien face à l'antisémitisme et aux provocations", a posté C215, tout en tenant à remercier "Monsieur Veil, qui m'avez assisté, pour votre soutien et votre sagesse". 
https://twitter.com/christianguemy/status/1095342641548390401

Un peu plus tôt mardi, en annonçant qu'il allait restaurer ses portraits, l'artiste avait précisé qu'il s'en ferait désormais "le gardien".

La mairie de Paris compte porter plainte

La maire de Paris, Anne Hidalgo a annoncé que la mairie allait porter plainte. "Soyons tous mobilisés contre la haine", a-t-elle commenté. La maire a également rappelé qu'un commerce avait déjà été victime d'un acte antisémite similaire ce week-end : la devanture d'un magasin de l'enseigne de restauration Bagelstein a été taguée du mot "Juden" qui signifie "Juifs" en allemand.
Cette dégradation a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. "Salir la mémoire de Simone Veil, c'est salir la République", a notamment réagit le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.
Ce n'est pas le premier acte de malveillance porté à l'encontre de la mémoire de Simone Veil. Déja en septembre dernier, des panneaux d'une exposition consacrée à l'ancienne ministre avaient été rayés avec des traits en forme de croix.