Saint Denis : échauffourées à l'ouverture de l'installation Exhibit B

Entre 100 et 200 manifestants opposés à l'installation de Brett Bailey qui entend dénoncer le racisme ont perturbé l'ouverture de l'exposition ce jeudi soir au théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis. Les manifestants ont essayé de d'envahir la salle sans y parvenir et le calme est revenu. Il n'y a pas eu d'interpellation.

(MacBeth, la nouvelle création de Brett Bailey a été jouée sans encombre mardi soir, pas Exhibit jeudi soir © MaxPPP)

 Ils n'avaient pas caché leur opposition à ce spectacle par le biais d'interviews et de pétitions. Mais ce jeudi soir, une centaine d'opposants à l'exposition exhibit B à Saint Denis, près de Paris ont utilisé la manière forte pour se faire entendre. Après un rassemblement auquel ont notamment participé des membres de la brigade anti-négrophobie, devant le théâtre Gérard Philippe où devait se tenir les premiers spectacles, ils ont forcé les portes et envahi la salle empêchant la tenue du premier spectacle. La police a du en évacuer une partie manu militari .  Anne Chépeau de France Info a assisté à la scène particulièrement tendue. les manifestants ont tenté d'entrer dans la salle pour empêcher la tenue du spectacle, sans succès. Malgré quelques dégâts, il n'y a pas eu d'interpellation.

SECOURS INFO 17H - 21H 27.11.2014 DIRECT ANNE CHEPEAU EXHIBIT
--'--
--'--
 

En Angleterre, l'installation avait déjà fait polémique 

Exhibit B, c'est une installation mettant en scène des "indigènes noirs" dans des tableaux vivants qui a fait le tour du monde depuis deux ans sans problème avant de soulever une polémique à Londres en septembre dernier. En Angleterre, une pétition avait rassemblé 27.000 signatures et là aussi des manifestants avaient empêché Brett Bailey de montrer sa création. Comme en Angleterre, en France une pétition circule. Myriam Tadesse, porte-parole du collectif contre Exhibit B, l'a signée. "Au départ, nous n’avons pas voulu empêcher, nous avons écrit pour demander un débat. Il y a eu silence et mépris. Le but n’est pas l’annulation car pour moi c’est une violence" explique-t-elle.  Et elle ajoute : "Ce qui me dérange c’est la mise sous silence des noirs, une représentation partielle, partiale, violente, de l’histoire des noirs, qui sont toujours assignés à la place de victimes muettes, passives." 

 

Myriam Tadesse, porte parole du collectif Exhibit B
--'--
--'--

Une attitude condamnée par l'artiste et par la Ligue des Droits de l'Homme par la voix d'Agnès Tricoire. Sur France Info, elle s'est dite "sidérée par des gens qui demandent l’annulation du spectacle. Nous sommes toujours très effrayées par ces demandes aveugles qui n’ont pas vu les objets qu’elles désignent comme problématiques et nous disons que ce spectacle doit avoir lieu."   Pour Agnès Tricoire, "chacun doit être libre de se faire sa propre opinion du spectacle. La méthode utilisée n’est pas admissible dans notre pays."  "Pour elle, on ne peut pas s’en prendre à une représentation qui a pour objet de dénoncer ce que le racisme provoque de pire, et en lieu et place du vrai problème."

 

Agnès Tricoire de la Ligue des Droits de l'Homme
--'--
--'--