Queer Britain : un musée pour célébrer la communauté LGBTQ+ a ouvert ses portes à Londres

Consacré à la communauté LGBTQ+ britannique, le musée Queer Britain, qui a ouvert dans le nord de Londres, veut aussi sensibiliser un large public

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France Télévisions Rédaction Culture
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Une photo exposée à Queer Britain, le premier musée LGBTQ+ britannique (6 mai 2022) (DANIEL LEAL / AFP)

Célébrer l'histoire et la culture queer et les faire connaître à "tout le monde" : Queer Britain, le premier musée national LGBTQ+ au Royaume-Uni, a été inauguré cette semaine à Londres.

Installé dans un bâtiment en brique du XIXe siècle à Granary Square, dans le nord de Londres, Queer Britain a ouvert ses portes jeudi 5 mai. Le projet mûri pendant quatre ans a été entièrement financé par des dons privés.

Avant une grande exposition prévue cet été qui mêlera photographies, œuvres d'art et costumes, les visiteurs peuvent déjà découvrir des photographies explorant l'histoire et la diversité de la communauté LGBTQ+ britannique, des travestis à l'époque victorienne aux gay prides des dernières années.

Un musée pour toucher tout le monde

On y découvre des pionniers comme Roberta Cowell, pilote de course et première femme trans britannique connue à avoir eu recours à une opération de réassignation sexuelle, ou Justin Fashanu, premier footballeur à assumer publiquement son homosexualité, en 1990. Il s'est suicidé par pendaison huit ans plus tard.

Ce musée "est un lieu permanent pour célébrer qui nous sommes, pour célébrer nos contributions incroyables à l'histoire, et pour éduquer la nation afin qu'elle les connaisse", déclare à l'AFP Stephanie Stevens, une des responsables du musée, expliquant que les personnes queer ne veulent plus "se contenter des miettes".
Le musée est gratuit et situé dans un quartier assez fréquenté, juste derrière la gare de Saint-Pancras.

Côté public, "nous voulons toucher tout le monde", quelle que soit l'identité de genre ou la sexualité des visiteurs, assure cette militante transgenre. "Nous voulons toucher tous les gens qui ont l'impression que leur voix n'a pas été entendue. Et puis nous voulons atteindre les gens qui n'ont jamais entendu ces voix", décrit-elle.

Apporter de la visibilité à la communauté LGBTQ+

Elisha Pearce, 21 ans, qui habite à Birmingham (centre de l'Angleterre), découvre une photo de soldats de la Première Guerre mondiale travestis et avoue qu'elle "n'aurait pas pensé que ce genre de photo existait. C'est vraiment important que nous puissions comprendre comment notre histoire a évolué jusqu'à aujourd'hui", réagit-elle.

Une autre partie de l'exposition est consacrée aux "familles choisies", représentant des personnes homosexuelles dans les communautés qu'elles se sont construites.
Ce musée, c'est "quelque chose dont nous avions besoin depuis de nombreuses années dans notre pays", estime un autre visiteur, Richard Halstead, 59 ans, espérant que cela apporte de la "visibilité" à la communauté LGBTQ+.

Au fil de l'exposition, des photographies rappellent le chemin parcouru, par exemple sur l'acceptation des élus homosexuels. En 1977, le Parti travailliste avait refusé d'investir Maureen Colquhoun, première députée travailliste ouvertement lesbienne. La décision avait été annulée un an plus tard, l'instance dirigeante du parti estimant que ce refus était dû à sa sexualité. Plusieurs décennies plus tard Ruth Davidson, femme politique à l'homosexualité assumée, fut une très populaire cheffe des conservateurs écossais jusqu'à son départ en 2019.

Un député conservateur trans

Quant au député conservateur Jamie Wallis, qui a révélé en mars être trans, une première, il a reçu des messages de soutien de tous les bords politiques, y compris du Premier ministre Boris Johnson.

Depuis 1967, l'homosexualité n'est plus un délit en Angleterre et au pays de Galles. Le mariage entre personnes du même sexe est autorisé depuis 2014 en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles mais seulement depuis 2020 en Irlande du Nord ou les unionistes ultra-conservateurs au pouvoir y étaient farouchement opposés.

Toutefois, les combats continuent. La communauté LGBTQ+ est montée au créneau le mois dernier lorsque le gouvernement britannique a voulu renoncer à interdire les thérapies de conversion qui prétendent modifier l'orientation sexuelle des homosexuels.

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