Quand Chamizo le street-artiste relooke une Ferrari

Considéré comme l'un des précurseurs du street-art, Didier Chamizo est de retour dans la ville de son enfance. Dans le show-room d'un garage de Cahors, il a troqué ses toiles contre une Ferrari F400.

La Ferrari F400 relookée par Didier Chamizo
La Ferrari F400 relookée par Didier Chamizo (France 3 culturebox)
Sourire en coin, Didier Chamizo donne un dernier coup de pinceau à son œuvre. Dans le show-room d’un concessionnaire automobile de Cahors, entouré de bolides hauts de gamme, vient de repeindre intégralement une Ferrari F400. Délaisser ses toiles et son atelier parisien pour une voiture de luxe : tout un symbole pour ce révolté que le refus de l'injustice et de la misère a mené 17 ans derrière les barreaux.

Reportage France 3 Loire : E. Marlot, JP. Jauze, S. Lamare

Au départ, c’était : allez on peint une Ferrari. Pas cap ? Ça part comme ça. Mais moi, c’est le côté street art sur un objet de luxe qui m’a plu. C’est un peu blasphématoire, c’est amusant.Didier Chamizo

Capacité d'emerveillement intacte

L’artiste a beau avoir changé de support, on retrouve son trait subversif et rock’n roll sur la carrosserie et des thèmes qui lui sont chers. "A l’avant on voit l’amour, raconte-t-il. Là il y a l’argent qui court, car l’argent court tout le temps. Ici, le temps qui suspend son vol, un petit clin d’œil à Baudelaire et à ses prisons. Dessus il y a Dieu. On le voit mal mais bon dans la vraie vie on le voit assez mal aussi. Et derrière il y a la mort entourée de porte-bonheur parce que bien évidemment personne n’est pressé."

Artiste reconnu, Chamizo s'expose aujourd'hui un peu partout dans le monde. Il garde pourtant en lui cette capacité à s'émerveiller à chaque expérience nouvelle. Dessiner sur une voiture aussi somptueuse est pour lui inédit. "Tu dessines en tenant compte des perspectives et c'est super," déclare-t-il enthousiaste.

Une fois terminée, la Ferrari Chamizo sera visible quelques jours à Cahors. Elle sera ensuite exposée à Monaco, à Cannes et dans un Ferrari club du sud de l'Italie. Et comme toute œuvre d'art, elle finira sans doute à l'abri des regards chez un riche collectionneur.