Visa pour l'image : les photos choc de Kirsten Luce dévoilent la face cachée du tourisme animalier

La photographe américaine a parcouru le monde pour enquêter sur le tourisme de la faune et montrer le terrible envers du décor des photos souvenirs et selfies exotiques.

Un ours dressé pour se laisser approcher, nourrir et photographier. Un des clichés choc de Kirsten Luce
Un ours dressé pour se laisser approcher, nourrir et photographier. Un des clichés choc de Kirsten Luce (H. Pacione / France Télévisions)

 En Amazonie, des animaux sauvages gardés en captivité pour que les touristes puissent rapporter de leur voyage un selfie exotique. En Thaïlande, des éléphants domptés très durement pour qu'ils puissent promener les touristes sur leur dos paisiblement alors qu'un peu plus loin un tigre drogué est enchaîné sur une minuscule plateforme pour être approché et photographié. C'est cette réalité que la photographe Kirsten Luce montre à Visa pour l'image.

Si le temps semble loin des montreurs d'ours qui allaient de village en village, l'explosion du tourisme a fait que, désormais, ce sont les humains qui vont à la rencontre des animaux sauvages sur leur propre terrain. Mais dans quelles conditions !

Derrière les photos souvenirs qui prolongent le rêve du voyage, Kirsten Luce a voulu montrer l'envers du décor et le triste et choquant quotidien de ces animaux "formatés" pour le plaisir des touristes.

Ces animaux passent toute leur vie à travailler. Le tigre sur la plateforme reste dehors toute la journée. Parfois on leur ôte les griffes. Ils sont souvent drogués et restent enchaînés sans pouvoir bouger. leur vie n'est pas enviable.Kirsten Lucephotoreporter

Ainsi, la photographe américaine montre cette réalité sans fard: celle de ces ours polaires muselés sur une piste de cirque, ce singe que son maître promène tenu en laisse et muni d'une ombrelle pour se protéger du soleil.

Et de fait, les visteurs de l'exposition prennent conscience de cette terrible réalité. "Ce qui me frappe, dit l'un d'entre eux, c'est le contraste entre la beauté des images et la douleur que subissent ces animaux."

"La face cachée du tourisme de la faune". A voir à Visa pour l'image jusqu'au 15 septembre 2019