Visa pour l'image : les mariages heureux à Haïti captés par la photographe Valérie Baeriswyl

La photojournaliste expose ses portraits de mariés dans toutes les strates de la société haïtienne. L'exposition "Bonne vie à deux : Haïti pour le meilleur ou pour le pire" est à voir au couvent de minimes de Perpignan jusqu'au 26 septembre 2021. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Exposition "Bonne vie à deux. Haïti, pour le meilleur ou pour le pire" de Valérie Baeriswyl à Visa pour l'Image de Perpignan (VALERIE BAERISWYL)

Montrer un autre visage d'Haïti, loin de la misère, des conflits et des catastrophes climatiques, tel a été le point de départ de la démarche de la photojournaliste Valérie Baeriswyl. Présentée au festival Visa pour l'Image de Perpignan jusqu'au 26 septembre 2021, son exposition Bonne vie à deux : Haïti pour le meilleur ou pour le pire embarque le visiteur au cœur des fêtes de mariage de l'île caribéenne.

Expo Visa pour l'image : le mariage en Haiti

Des noces inoubliables

Pour cette nouvelle exposition, la photojournaliste Valérie Baeriswyl a traversé l'île de part en part par tous les moyens. En bateau, à moto ou à dos d'âne, elle s'est "invitée" à des fêtes de mariage de toutes sortes. Des petites cérémonies modestes dans un bidonville ou à la campagne, des célébrations de classe moyenne dans une salle des fêtes locale, jusqu’aux grandes soirées fastueuses dans les belles villas de la capitale.

Photo de mariage traditionnelle. En posant devant une voiture, les mariés font savoir qu’ils ont les moyens de s’en offrir une. Mariani, Haïti, 15 avril 2017 (VALERIE BAERISWYL)

Le but final de ces cérémonies, un même point commun : faire la fête. "Quelle que soit la classe sociale ou la religion des gens, il y avait toujours une solidarité énorme. Le fait que tout le monde aide et participe au mariage pour que la fête soit belle, ça m'a beaucoup touchée", explique Valérie Baerysvil. 

C'est dans les sociétés les plus pauvres que cet esprit de solidarité s'exprime puissamment. Dans un pays où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (avec moins de 2,41 dollars par jour), seuls les plus riches peuvent s’offrir une cérémonie de mariage grandiose, une réception somptueuse et une lune de miel. La plupart doivent faire preuve d’ingéniosité pour trouver des solutions. Ainsi voit-on une mariée arriver à son mariage en moto taxi. Bien souvent pour économiser les frais de cérémonie, on regroupe plusieurs mariages. "Dans la campagne, mutualiser un mariage a un aspect pratique et économique car il faut louer une génératrice pour avoir le son et la lumière dans l'église, il faut payer une chorale et un pasteur", raconte encore la photographe. 

Patricia, enceinte, et Obelson se sont mariés au cours d’une cérémonie collective. Ils posent devant l’église avec un autre couple qu’ils ne connaissent pas (VALERIE BAERISWYL)

Regard d'une Suisse en Haïti 

Installée en Haïti depuis 2015, la photographe originaire de Suisse qui couvre l'actualité du pays pour l'agence Reuters a voyagé à travers toute l'île. Son échappée nuptiale au coeur de l'intimité d'une société qu'elle côtoie depuis plus de six ans invite le curieux à découvrir un autre visage du pays. Le public apprécie ces images joyeuses et ces robes parfois exubérantes qui tranchent avec les photos chocs habituelle des tremblements de terre. "C'est pas un pays facile, c'est l'un des plus pauvres de la planète et là son exposition montre des moments de fête qui permettent de penser un peu à autre chose que leur condition misérable", constate une visiteuse. 

L'exposition du couvent de minimes n'est qu'un condensé du travail de Valérie Baeriswyl. La photographe a tenté de rassembler tous ces clichés dans un volumineux ouvrage de 208 pages.

"Bonne vie à deux : Haïti pour le meilleur ou pour le pire" au Couvent des Minimes de Perpignan jusqu'au 26 septembre 2021 dans le cadre de Visa pour l'Image

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