Sabine Weiss, Charlotte Perriand, masculinités... dix expositions à voir aux Rencontres d'Arles

C'est parti pour l'été. Les Rencontres de la photographie sont de retour à Arles cette année. Hommages à de grandes femmes photographes, représentation de la masculinité, de la beauté du corps noirs, notre sélection d'expositions à voir.

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France Télévisions Rédaction Culture
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A gauche, Dana Scruggs, Nyadhour, Elevated, Death Valley, California, 2019 - A droite,  Chow & Lin. France, Paris, septembre 2015. 5,99 EUR (6,73 USD) pour l’alimentation.  (A gauche, avec l’aimable autorisation de School Gallery / Olivier Castaing - A droite © Chow & Lin / Rencontres d'Arles)

Les Rencontres de la photographie d'Arles, annulées en 2020, ouvrent leurs portes le dimanche 4 juillet, avec une programmation resserrée d'expositions. Visites, débats, conférences et soirées de projections sont proposées pendant la semaine d'ouverture (jusqu'au 11 juillet) et les expositions durent tout l'été (jusqu'au 26 septembre).

Notre sélection de quelques expositions à voir en priorité.

Rétrospective Sabine Weiss

Sabine Weiss, Félix Labisse, peintre décorateur, Neuilly-sur-Seine, 1952. (© SABINE WEISS)

Les Rencontres rendent hommage à la photographe suisse Sabine Weiss, dernière représentante de la photographie dite "humaniste", qui fête cette année ses 97 ans. Tous les aspects de son œuvre immense, en constante sympathie avec l'être humain, sont à découvrir ou redécouvrir : reportage, illustration, mode, publicité, portraits d'artistes, à côté de son travail personnel, plus connu.
Chapelle du Museon Arlaten

Charlotte Perriand

Charlotte Perriand, Fernand Léger, Photomontage pour le pavillon du ministère de l'Agriculture, Exposition internationale des arts et techniques de la vie moderne, Paris, 1937. Panneau de droite de l'entrée, La France industrielle. Restitution contemporaine des couleurs de l'époque.  (Archives Charlotte Perriand / Rencontres d'Arles)

Plus connue pour son travail d'architecte et son œuvre pour l'art de mieux habiter, Charlotte Perriand était aussi photographe et a notamment utilisé le photomontage pour dénoncer l'urbanisme insalubre et prôner de meilleures conditions de vie. L'exposition plonge dans sa collection de photographies : tirages d'époque, négatifs, magazines découpés, images personnelles montrés pour la première fois, en regard de ses photomontages monumentaux.
Monoprix

Masculinités

Rotimi Fani-Kayode, Untitled, 1985 (© Rotimi Fani-Kayode)

L'exposition étudie comment la masculinité a été codée, interprétée et construite depuis les années 1960 par le cinéma et la photographie. Les images de plus de 50 photographes et réalisateurs du monde entier qui livrent des représentations complexes et parfois contradictoires. Elles abordent les thèmes du pouvoir, du patriarcat, de l'identité queer, des politiques raciales, de la perception des hommes par les femmes, des stéréotypes hypermasculins, de la tendresse et de la famille.
Mécanique générale, parc des Ateliers

The New Black Vanguard

Daniel Obasi, "Moments of Youth", Lagos, Nigeria, 2019 (© Daniel Obasi / Rencontres d'Arles)

De New York à Johannesburg, de Lagos à Londres, l'exposition explore le vocabulaire contemporain de jeunes photographes noirs, notamment dans les magazines de mode, la publicité et les musées, autour de représentation de la beauté du corps noir et de la vie des Noirs.
Eglise Sainte-Anne

Puisqu'il fallait tout repenser : le monde d'après des féministes latino-américaines

Aline Motta, (Autres) Fondations, #3, 2017-2019. (© Aline Motta / Rencontres d'Arles)

L'exposition envisage le monde d'après, celui dans lequel on voudrait vivre, à la lumière des combats féministes depuis les années 1970, à travers les œuvres d'une vingtaine d'artistes latino-américaines qui remettent en cause le capitalisme mondialisé.
Espace Van Gogh

Portraits de Pieter Hugo

Pieter Hugo "Shaun Oliver", Cape Town, 2011, from the Kin series. Courtesy of the artist.   (© Pieter Hugo / Rencontres d'Arles)

"Je commence presque toujours mon travail en me présentant : je regarde et on me regarde en retour. Quand on crée un portrait, le cynisme disparaît pendant un bref instant. Il y a de la beauté à être tenu dans le regard de l''autre", dit Pieter Hugo. L'exposition présente plus de 100 portraits en buste réalisés par le photographe sud-africain depuis le début du siècle.
Palais de l'Archevêché

Chow & Lin et les aliments du seuil de pauvreté

Chow & Lin. Myanmar, Yangon, août 2016. 1030 MMK (0,88 USD ; 0,80 EUR). (© Chow & Lin / Rencontres d'Arles)

Pendant dix ans, les artistes Chow & Lin, nés respectivement à Kuala Lumpur et à Singapour et travaillant à Pékin, se sont intéressés au repas qu'on pouvait s'offrir quand on a des revenus proches du seuil de pauvreté. Ils ont enquêté dans 36 pays de six continents et photographié les aliments sur des feuilles de journaux locaux.
Jardin des voyageurs

Portraits nord-coréens de Stéphan Gladieu

Stéphan Gladieu. "Portraits de Nord-Coréens", Corée du Nord, Pyongyang, juin 2018. Kim Yun Gyong, Han Sol Gyong, Kim Won Gyong, Kang Sun Hwa et Kong Su Hyang au cinéma 3D du SCI Tech Complex.  (Avec l’aimable autorisation de School Gallery / Olivier Castaing. © Stéphan Gladieu / Rencontres d'Arles)

Stéphan Gladieu a pu travailler en Corée du Nord, où il a réalisé des portraits, souvent de groupe, en pied, et un peu figés. "Le concept de pose frontale, le cadre rigoureux de mes portraits leur était familier et compréhensible ; et puis le dispositif, qui flirte volontairement avec les codes de l’image de propagande, me rendait statique, prévisible et contrôlable", explique le photographe.
Jardin d'été

Thawra, images de la révolution soudanaise

Muhammad Salah. Un manifestant dont l'inscription au dos de sa chemise signifie "Un révolutionnaire de Kalakla, une chute, c'est tout" ; il se tient sur la ligne ferroviaire centrale de Khartoum qui faisait partie de la zone de sit-in du QG de l'armée. Khartoum, Soudan, 13 avril 2019. (-)

En décembre 2018 débutait un soulèvement populaire qui allait entraîner la chute du président soudanais Omar el-Béchir après 30 ans de pouvoir. Une nouvelle génération de photographes, acteurs et témoins, ont documenté les manifestations et diffusé leurs images sur les réseaux sociaux. L'exposition montre le travail de huit photographes et une cinéaste qui sont descendus dans la rue pendant cinq mois aux côtés de la jeunesse de leur pays, prête à défier le pouvoir.
Eglise des Trinitaires

Jazz Power : 1954-1974, vingt ans de "Jazz Magazine"

Giuseppe Pino, Roy Ayers, Montreux (Suisse), vers 1969.  (© Giuseppe Pino / Archives Jazz Magazine / Rencontres d'Arles)

L'exposition revient sur vingt ans de Jazz Magazine : dès le premier numéro en décembre 1954, un artiste noir, Lionel Hampton, est à la une à une époque où les lois de ségrégation sont toujours en vigueur aux Etats-Unis. La revue française fait découvrir le jazz en France tout en encourageant les emprunts musicaux et les échanges culturels, et en témoignant des luttes contre les discriminations des deux côté de l'Atlantique.
Croisière

Liz Johnson Artur, prix Women in Motion, à la soirée du 5 juillet

Après Sabine Weiss l'an dernier, c'est la photographe américaine Liz Johnson Artur qui a reçu le prix Women in Motion. Depuis 30 ans, elle photographie la diaspora africaine dans le monde. Elle travaille à Londres. "Ce qui m'intéresse, ce sont le gens, des gens que ne vois représentés nulle part", dit-elle. Son prix lui sera remis le lundi 5 juillet lors de la première des trois soirées au Théâtre antique où elle présentera son œuvre.

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