Photo argentique, le somptueux Périgord de Michel Archambeau

La Gare Robert Doisneau de Carlux, en Dordogne, expose jusqu'au 24 mai les magnifiques photos noir et blanc de Michel Archambeau. Pas de numérique pour cet amoureux de la chambre noire. Fidèle aux techniques anciennes, il l'est aussi à son terroir du Périgord, unique sujet depuis 60 ans de ses tirages admirablement contrastés.

L\'étable. 1998
L'étable. 1998 (ARCHAMBEAU MICHEL)

Comme Robert Doisneau, dont la salle où il expose porte le nom, Michel Archambeau a fait de la photo industrielle. Comme l'illustre photographe de rue, il excelle aussi en noir et blanc. Mais les nuances de ses photos sont telles qu'il faudrait inventer un nouveau pluriel pour les définir : les images de ce magicien de la lumière sont en "noirs et blancs".

Depuis soixante ans, Michel Archambeau photographie son Périgord. Ne lui parlez pas pixels et capteurs, lui, son art, c'est à l'argentique qu'il le pratique. Un appareil photo qu'on charge avec un film, un film qu'on développe et des épreuves qu'on en tire dans le secret et l'odeur acétique d'une chambre noire.

Ds paysages, déjà admirables au naturel, des visages, des scènes de la vie quotidienne qui se magnifient entre les mains de ce tireur d'épreuves hors pair.

Lorsque je fais mon cliché, à la prise de vue, moi, je sais dans mon esprit comment je vais traiter cette image. Que ce soit son développement, que ce soit au tirage, mon esprit artiste, si je puis dire, ramène la lumière sur mon sujet principal.Michel Archambeau, photographe

Des années 60 à jusqu'aux jours que nous vivons, Michel Archambeau a accumulé des milliers de clichés. Ces négatifs et ces tirages portent en eux la trace d'un passé dont ils seront bientôt les derniers témoins. Le Périgord qu'il a fixé sur sa pellicule il y a cinq ou six décennies a bien changé. Oui, on saura que cela existé parce que cela figure sur ses images. Au delà du travail de l'artiste, Archambeau assure donc une mission patrimoniale, même si ce qu'il laissera à l'histoire de sa région embellit considérablement la réalité. Un peu comme ont pu le faire les peintres du passé.

Feuillardier - 1971
Feuillardier - 1971 (MICHEL ARCHAMBEAU)

Un regard récompensé

S'il ne photographie que son Périgord, Michel Archambeau sait se faire remarquer ailleurs. C'est ainsi qui est revenu du festival international de photographie de Côme avec la médaille d'or, il a aussi remporté le 1er prix du Challenge Mondial Couleur Kodak. L'entrée à l'exposition est gratuite.

L\'étable. 1998
L'étable. 1998 (ARCHAMBEAU MICHEL)

Nostalgique Périgord Noir de Michel Archambeau                                              La Gare Robert-Doisneau de Carlux en Dordogne, jusqu'au 22 mai 2019