"Le violoncelle sous la pluie" : les jeux photographiques de Doisneau et Baquet

Pendant des années, Maurice Baquet s'est mis en scène de façon humoristique avec son inséparable violoncelle, face à l'objectif de son ami Robert Doisneau. Des photos longtemps restées privées, que l'on peut voir pour partie à l'expo "Doisneau et la musique" à la Philharmonie de Paris. Parmi ces clichés, "Le violoncelle sous la pluie" de 1957 est sans doute l'un des plus célèbres du duo facétieux.

Doisneau, Baquet, un violoncelle, un parapluie, une photo éternelle
Doisneau, Baquet, un violoncelle, un parapluie, une photo éternelle (Culturebox - capture d'écran)
Tout comme le portrait de Maurice Baquet, le nez coincé dans son archet. Deux photos emblématiques d’une longue série née de l’amitié entre Doisneau le photographe, et Baquet l’alpiniste, violoncelliste et acteur. "Le violoncelle sous la pluie" a été prise sur les hauteurs de Belleville à Paris en 1957.

On y voit Baquet sous la pluie, protégeant de son parapluie l’étui de son instrument posé à ses côtés sur le bord du trottoir, comme s’il s’agissait d’une personne. En arrière-plan, la présence d’un artiste qui continue de peindre malgré la pluie, renforce le côté décalé de la scène.

Reportage : N. Lemarignier / M. Dreujou / S. Malin

Des photos passées inaperçues

Pendant des années, Baquet, que Doisneau surnommait "mon professeur de bonheur", s’est mis en scène avec son violoncelle dans des endroits insolites, des situations décalées, voire complètement loufoques. Aujourd’hui, nombre de clichés de cette série sont devenus familiers aux amoureux de la photographie, mais ils sont longtemps restés "inconnus" du grand public comme l'explique la petite fille de Robert Doisneau, Clémentine Deroudille, également commissaire de l’exposition "Doisneau et la musique" actuellement à la Philharmonie de Paris et dans laquelle plusieurs photos du duo sont présentées.

Finalement, les deux amis finiront par réussir à publier leurs photos en 1981, près de 30 ans après le début de leurs facéties, dans un ouvrage baptisé "Ballade pour violoncelle et chambre noire". Un livre devenu aujourd’hui une pièce de collection et dont les rares exemplaires mis en vente, sur internet ou aux enchères, se négocient plusieurs centaines d’euros. 
Robert Doisneau, \"L\'archet\" (Maurice Baquet), 1958
Robert Doisneau, "L'archet" (Maurice Baquet), 1958 (Atelier Robert Doisneau)