Figure de la lutte anti-apartheid, le photographe sud-africain Santu Mofokeng est mort

Santu Mofokeng s'est illustré en saisissant la lutte contre le régime raciste et la vie quotidienne dans les townships d'Afrique du Sud.

Santu Mofokeng à la biennale de Venise en 2012.
Santu Mofokeng à la biennale de Venise en 2012. (BARBARA ZANON / GETTY IMAGES EUROPE)

Il était l'un des photographes sud-africains noirs les plus célèbres de la lutte contre l'apartheid : Santu Mofokeng, est décédé à l'âge de 64 ans.

Le photographe s'est illustré en saisissant la lutte contre le régime raciste blanc, officiellement tombé en 1994, et la vie quotidienne dans les townships, révélant la condition sociale de la majorité noire et sa résilience. Il était "un grand visionnaire et un artiste", ont expliqué ses amis Omar Badsha et Cedric Nunn dans un communiqué qui ne précise pas la cause du décès du photographe, dimanche 26 janvier.

Photographie de lutte

Né à Soweto en 1956, Santu Mofokeng s'est passionné pour la photographie dès son adolescence et a commencé sa carrière comme assistant dans un laboratoire photographique, puis comme photographe de rue. En 1985, il rejoint le collectif Afrapix composé d'un quarantaine de photographes professionnels ou amateurs, Noirs et Blancs, dénonçant le régime de l’apartheid avec la photographie "de lutte". Santu Mofokeng publie ensuite des séries de photographies dans des publications papiers. Il va ainsi "développer une œuvre devenue un repère dans l'histoire de l'Afrique du Sud", explique la Fondation Louis Vuitton.

Des photographies de Santu Mofokeng exposées à la Bienale de Venise en 2013. 
Des photographies de Santu Mofokeng exposées à la Bienale de Venise en 2013.  (ANDREA MEROLA / ANSA)

Une de ses oeuvres les plus célèbres, Train Church (1986), est une série de clichés en noir et blanc racontant le trajet épuisant des populations noires dans un train-église reliant le township de Soweto à Johannesburg, rythmé par des prêches et des gospels. 

Récompensé à de nombreuses reprises, Santu Mofokeng a été exposé notamment en Europe, en particulier à la biennale d'art de Venise en 2012. En France, une rétrospective lui était consacrée au Jeu de Paume en 2011.