Une lettre de Gustave Courbet expliquant son rôle dans la chute de la colonne Vendôme rejoint le musée d'Ornans

Le musée du Doubs consacré à l'oeuvre du peintre vient tout juste de recevoir un don exceptionnel. Une longue lettre de Gustave Courbet, détaillant son innocence dans l'affaire de la destruction de la colonne Vendôme. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Lettre manuscrite de Gustave Courbet dans laquelle il se défend d'avoir ordonné la destruction de la colonne Vendôme en 1871. (FRANCE 3 FRANCHE-COMTE)

C'est un manuscrit exceptionnel qui vient de rejoindre les collections du musée Gustave Courbet à Ornans, dans le Doubs, une lettre rédigée par le célèbre peintre en 1871 alors qu'il était en prison pour avoir participé à la Commune de Paris et fait chuter la colonne Vendôme. Sept feuillets où il déclare être prêt à payer la reconstruction du monument qu'il était accusé à tort d'avoir fait détruire. 

Un épisode qui donnera un nouveau virage à la vie de l'artiste. C'est l'association des nouveaux mécènes de Courbet qui a acheté ce document pour en faire don au musée d'Ornans. 

Lettre de Gustave Courbet
France 3 Franche-Comté / L. Ducrozet / L. Brocard / P. Corne

La défense de Courbet

À l’automne 1870, juste après la chute du Second Empire, Gustave Coubet aura le malheur de proposer au gouvernement de défense nationale de déménager aux Invalides l’encombrant symbole de la tyrannie napoléonienne. Il lance même une pétition dans ce sens. Le 16 mai 1871, les communards mettent à terre la colonne Vendôme. Le peintre, élu de divers comités insurgés, va durablement porter la responsabilité pour une destruction qu’il n’avait pourtant pas souhaitée.

Destruction de la colonne Vendôme par les communards en 1871. (FRANCE 3 FRANCHE-COMTE)

Dans un premier temps, sa notoriété le protège. Il n’écope que de six mois de prison, alors que de nombreux militants sont condamnés au bagne ou à la mort. Dans ces sept pages, il prépare en quelque sorte sa défense. "Effectivement, il soumet dans les dernières lignes de ce manuscrit l'idée qu'il est prêt à payer de ses frais, un peu comme une victime sacrificielle, la reconstruction de la colonne Vendôme", détaille Benjamin Foudral, directeur-conservateur du musée et Pôle Courbet à Ornans.

L'exil après la sanction

Mais en 1873, lorsque le président Mac Mahon arrive au pouvoir, la sanction tombe. Courbet va devoir réellement payer la reconstruction de la colonne Vendôme. La facture est estimée à l’époque à quelque 323 000 francs. C'est cher. Conséquence : le peintre s’exilera en Suisse et y restera jusqu’à la fin de sa vie. "L'épisode de la colonne est un épisode majeur et de rupture puisqu'à la suite de son emprisonnement, Courbet va avoir une vie plutôt normale, il va revenir à Ornans et beaucoup peindre et la condamnation arrive, ce qui le pousse à l'exil car il est incapable de payer cette amende colossale", explique encore le conservateur.

Quant à la colonne, elle a été rétablie en 1875 sur la place du même nom dans son lustre impérial par le maréchal Mac Mahon, le deuxième président de la IIIe République. Elle a également connu une vaste restauration en 2014-2015 financée par l'hôtel Ritz Paris situé lui aussi place Vendôme.

Le manuscrit de Gustave Courbet sera brièvement exposé au musée d'Ornans avant d'être restauré.  Ouvert au public tous les jours sauf le mardi d’octobre à mai : le lundi de 14h à 17h et du mercredi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 17h. Tarifs : 4 à 6 €. Gratuit pour les moins de 18 ans.

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