Une copie jugée "exceptionnelle" de La Joconde vendue aux enchères à Paris

Le tableau peint un siècle après le chef-d'œuvre de Léonard De Vinci a été retrouvé il y a six mois dans un inventaire familial. Il est estimé à 200 000 euros.

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La Joconde exposée au Musée du Louvre. (MARTIN BUREAU / AFP)

C'est une copie d'une qualité jugée "exceptionnelle" par les experts. Une autre version de La Joconde va être vendue aux enchères mardi 9 novembre par la maison Artcurial, à Paris. Peinte un siècle après le chef-d'œuvre de Léonard De Vinci exposé au Louvre, la ressemblance est étonnante.

Le sourire est là, la pose, les mains, ces fameux yeux aussi. Une Mona Lisa qui ressemble à s'y méprendre à celle de l'œuvre la plus connue au monde, seul un œil expert peut remarquer que le décor en fond est moins bien imité. Autre différence, cette Joconde a été peinte sur un panneau de bois et pas sur une toile, contrairement aux autres copies.

L'auteur est inconnu, mais il appartiendrait au collectif appelé l'École de Fontainebleau. Le tableau a été retrouvé il y a six mois lors d'un inventaire familial en région parisienne selon Matthieu Fournier, commissaire-priseur chez Artcurial.

"Le support bois a permis de la faire arriver jusqu'à nous dans un état de parfaite conservation. C'est dans l'exécution notamment du visage, la retranscription du 'sfumato' de Léonard De Vinci que l'on voit que l'artiste qui a peint ce tableau est un grand artiste", juge l'expert. Cette technique appelée "sfumato" constitue, selon Matthieu Fournier, en "la liaison entre différentes parties qui crée cette ambiance très brumeuse, qui donne beaucoup de douceur, beaucoup de velouté. Ce sont ces transparences qui sont particulièrement brillantes dans les tissus, dans les cheveux, les carnations de La Joconde."

Estimée à environ 200.000 euros, cette copie de la Joconde devrait partir à un prix bien plus haut, si on prend en compte la folie que peut susciter la star du Louvre. Ce n'est pas la première fois qu'une copie se vend très cher. Mais l'art ne se tire-t-il pas ainsi une balle dans le pied ? Quelle différence entre copie et contrefaçon ? Pour Matthieu Fournier, les mots "contrefaçons" ou "faux" "n'ont aucun sens pour la peinture ancienne." Selon lui, "quand on réalise une copie, on parle souvent de reprise, de version, mais il n'y a pas la notion de faux à proprement parlé puisque l'intention n'est pas de tromper."

"Je ne fais pas la différence avec l'originale"

Devant la toile, un petit groupe d'étudiants, aux réactions plutôt positives. "Je ne fais pas la différence avec l'originale", explique l'un d'entre eux. "Il y a une sorte de proximité que l'on n'a pas avec les reflets qu'il y a au Louvre, avec les barrières, avec l'éloignement, avec la pression des gens qui sont derrière nous qui veulent aussi la voir, que l'on n'a pas ici", selon un autre. "On peut s'approcher, on n'est pas obligé de faire attention, d'avoir dix gardiens qui nous regardent en permanence pour savoir si on ne va pas porter atteinte à ce chef-d'œuvre. Il y a un avantage à la copie qui est certain", conclut-il.

Pour se faire une idée sur la qualité de cette copie de la Joconde, elle est visible jusqu'à lundi chez Artcurial, près des Champs-Elysées.

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