"Les musiques de Picasso" investissent la Philharmonie de Paris

L'exposition "Les musiques de Picasso" se déroule à la Philharmonie de Paris du 22 septembre au 3 janvier.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Détail de L’Aubade, de Pablo Picasso (Mougins, 19-20 janvier 1965). (ASSOCIATION DES AMIS DU PETIT PALAIS / STUDIO MONIQUE BERNAZ / SUCCESSION PICASSO 2020)

Si les instruments de musique reviennent avec insistance dans les toiles de Picasso, le peintre aurait déclaré "Je n'aime pas la musique". L'exposition "Les musiques de Picasso", à la Philharmonie de Paris du 22 septembre au 3 janvier, montre que le génie espagnol était un passionné de rythmes populaires, un explorateur minutieux d'instruments et surtout, le créateur d'une vraie musique pittoresque.

Instruments, musiciens et danse

"Il n'était pas mélomane; a priori il ne savait pas lire une partition, il n'avait pas besoin de la musique pour travailler comme Chagall", Matisse ou Braque, affirme à l'AFP Cécile Godefroy, commissaire de l'exposition. Pourtant, l'oeuvre de l'artiste, l'un des plus célébrés au monde et qui a fait l'objet d'un nombre incalculable d'expositions, "regorge d'instruments, de musiciens, de danse", dit-elle.

Il y a quatre ans, cette historienne de l'art a pris pour point de départ de l'exposition cette affirmation qui semble chez lui contradictoire, ce "Je ne n'aime pas la musique", attribuée à Picasso (1881-1973) par la journaliste française Hélène Parmelin dans les années 60. L'exposition - retardée de cinq mois en raison du virus - rassemble plus de 250 oeuvres en lien avec la musique, avec entre autres des toiles comme Violon et feuille de musique, Nature morte au piano, ou La Femme au tambourin.

Pablo Picasso (1881-1973)Arlequin à la guitare,Paris, 1918Huile sur bois, 35 x 27 cm, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Museum Berggruen. NG MB 30/2000 (copyright :bpk / Nationalgalerie, SMB, Museum Berggruen / Jens Ziehe)

On y retrouve aussi trois sculptures en terre cuite blanche représentant des joueurs de flûte et de diaule (une flûte double à deux corps provenant de l'Antiquité). Elles avaient été créées pour le jardin de sa villa "La Californie" sur la Côte d'Azur où il vécut pendant les années 50.

Pablo Picasso (1881-1973)La Flûte de Pan, Paris; automne 1923Huile Sur Toile, 205 × 174,5 Cm,Musée National Picasso-Paris (© Photo RMN - Jean-Gilles Berizzi)

Musique populaire

A l'origine de cette attirance, une enfance aux côtés d'un père, José Ruiz Blasco, passionné de flamenco. Petit, "il traînait dans les quartiers gitans de Malaga (sa ville natale, ndlr) en compagnie de son père et ça l'a beaucoup marqué", d'après Hélène Godefroy. Cela lui a surtout donné un goût pour la musique populaire, comme celle qu'il écoutera plus tard d'artistes ambulants à Barcelone, dans les corridas, le cirque et les cabarets du quartier de Montmartre, où il s'installa en 1909.

C'est "cette musique de fond de salle, bruyante (qui) se partage, (qui) est fraternelle" que reflète Picasso dans ses premières toiles, notamment à travers la figure d'Arlequin, comme celui qui joue, le regard triste, une petite guitare dans une peinture à l'huile. Sans surprise, la guitare était son "instrument favori", un symbole en relation avec son Espagne natale, note la commissaire et la figure du saltimbanque, qui devient une forme d'auto-représentation de l'artiste, est présente à travers son oeuvre prolifique.

L'exposition réunit pour la première fois une vingtaine d'instruments à cordes et à vent que Picasso collectionnait pour les étudier, avec une méthodologie digne d'un scientifique.

Instruments cubistes

Dans sa période cubiste, l'artiste, qui a vécu la majeure partie de sa vie en France, démontait des objets pour les recréer, que ce soit avec un morceau de carton ou sur une toile. Dans les instruments, "tout y est, même les composantes qui sont invisibles", comme Le violon, peinture à l'huile de 1914.

Pablo Picasso (1881-1973), Violon, Paris, 1915 - Tôle découpée, pliée, peinte et fil de fer, 100 x 63,7 x 18 cm,Musée national Picasso-Paris Dation Pablo Picasso, 1979. MP255 (Photo © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Adrien Didierjean © Succession Picasso 2020)

Compagnon pendant près de 20 ans de la ballerine Olga Khokholova, ami de grands musiciens comme Erik Satie et Igor Stravinsky, il n'était peut-être pas mélomane mais on "voyait bien que tout ce qui représentait la musique le fascinait", souligne la commissaire. Musiciens et ballerines ont habité toutes ses périodes successives, y compris le néoclassique, ce qu'illustre bien le chef d'oeuvre La Flûte de Pan (1923), qui représente un adolescent jouant du syrinx auprès d'un autre dans un décor théâtral d'inspiration méditerranéenne.

Vers la fin de sa vie, la musique se convertit en une célébration. Faunes, satyres et autres personnages mythologiques peuplent ses oeuvres qui débordent d'énergie et de sensualité et font "entendre" une musique pittoresque qui fait allusion à l'univers de l'artiste.

Les musiques de Picasso à la Philharmonie
221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

Du 22 septembre au 3 janvier

Le reportage réalisé par France 3 Paris-Ile-de-France sur l'exposition :

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