Le Musée de Grenoble propose un voyage au pays des couleurs du peintre Pierre Bonnard

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France Télévisions Rédaction Culture

Sous le titre "Bonnard. Les couleurs de la lumière", le Musée de Grenoble en partenariat avec le musée d’Orsay propose, jusqu'au 30 janvier 2022, une grande exposition consacrée à l’artiste. 

Le Musée de Grenoble présente jusqu'au 30 janvier 2022 une centaine de tableaux, dessins, affiches et photographies de Pierre Bonnard (1867-1947). L'exposition "Bonnard, les couleurs et la lumière" retrace le parcours de celui que l'on surnommait le "peintre du bonheur".  

La lumière pour inspiration

L'exposition, présentée en six thématiques, évoque la totalité de l'œuvre de Bonnard avec, comme fil rouge, le thème de la lumière et les différentes couleurs et nuances qu’elle revêt au cours de sa vie et selon les lieux où il séjourne. Depuis Le Grand-Lemps, un village de l'Isère où il a passé de nombreux étés dans sa jeunesse, au Midi, en passant par Paris et la Normandie.

Place Clichy, 1912Huile sur toile, 138 x 203 cmParis, Musée nationald’art moderne, Centre Pompidou. Dépot aumusée des Beaux-Arts et d’archéologie, Besançon (Musée des Beaux-Arts et d’archéologie, Besançon / photo C. Chauffet)

De ses premières toiles aux aplats décoratifs inspirés des estampes japonaises, à son passage chez les Nabis puis chez les impressionnistes, c'est surtout la lumière et le mouvement qui marquent le processus créatif de Bonnard. "Son travail est une ode à la lumière et aux couleurs. C'est l'un des grands visionnaires de la peinture du XXe siècle", confie Sophie Bernard, chargée des collections du musée et commissaire de cette exposition. Dès l'entrée, le visiteur est cueilli par une citation du maître. "Il ne s'agit pas de peindre la vie, il s'agit de la rendre vivante".

Pierre Bonnard, "Intérieur Blanc", 1932, Grenoble, Musée de Grenoble  (Photo Ville de Grenoble / Musée de Grenoble, J-L Lacroix)

Enchanter le quotidien de son amante 

La lumière toujours, dont il nimbe ses pinceaux pour éclabousser ses toiles, raconter sa vie, les intérieurs qu’il habite et le quotidien avec sa compagne, Marthe. Modèle immuable, muse et amante de toujours. C’est elle qui lui inspire ses premiers nus. Malade, Marthe doit passer de longues heures au bain, où son époux la peint chaque jour. "Il y a vraiment cet envahissement de la couleur, il y a ce face-à-face avec Marthe, il y a cette transfiguration chez Bonnard du quotidien et cette capacité à l'enchanter, à le métamorphoser. Il avait trouvé dans la salle de bains une manière de donner à voir une réalité miroitante et scintillante", analyse Sophie Bernard. 

Pierre Bonnard, La Jeune fille aux bas noirs, 1893. Huile sur bois. Paris, Musée d’Orsay (Photo © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt)

"Cette capacité à transfigurer le réel et à le rendre féérique fait de Pierre Bonnard l'un des grands magiciens de la peinture", ajoute dans une interview à France 3, Guy Tosatto, le directeur du Musée de Grenoble. La mort de Marthe, en 1942, plonge Bonnard dans une tristesse infinie qu’il parvient à rendre lumineuse et colorée, avec comme touche finale L’Amandier en fleurs. Il peint cette dernière toile en hiver avant de mourir en 1947. 

L'amandier en fleurs de Pierre Bonnard, 1946 (France 3 Grenoble)

Peintre ingénu, peintre de génie

Ni impressionniste, ni fauviste, ni cubiste, Pierre Bonnard est inclassable. Artiste avant-gardiste aux couleurs incandescentes, le maître du XXe siècle n'appartient à aucune école. "Il y a un peu de mystère chez Bonnard, on l'a souvent décrit comme un peintre ingénu, peintre du bonheur alors qu'il y a une grande complexité chez lui. Il cache un peu son jeu à travers ses peintures étonnantes où l'on est presque intégré dans la composition avec des stratagèmes", détaille encore Sophie Bernard. 

Les oeuvres présentées au Musée de Grenoble viennent en majorité du Musée d'Orsay mais plus largement de toute la France. Aux 80 tableaux réunis à Grenoble, s'ajoutent une quarantaine de dessins, d'affiches et de photographies - que l'artiste pratiqua surtout dans le cercle familial des années 1890 aux années 1910. La visite s'achève avec une série de clichés pris en 2020 par le photographe Bernard Plossu dans la maison du peintre au Cannet, restée intacte depuis sa mort.

"Bonnard. Les couleurs de la lumière", au Musée de Grenoble jusqu'au 30 janvier 2022.

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