La collection privée d'André Malraux vendue aux enchères quatre fois son estimation

La vente aux enchères de la collection intime d’André Malraux a été dispersée mercredi 19 juin à quatre fois son estimation.

André Malraux (D) devant une toile du peintre franco-allemand Hans Hartung en 1969.
André Malraux (D) devant une toile du peintre franco-allemand Hans Hartung en 1969. (ARCHIVE / AFP)

La vente aux enchères de la collection d’œuvres d’art et d’objets privés d’André Malraux, résistant, écrivain et ministre de la Culture du Général de Gaulle de 1959 à 1969, a quadruplé par rapport à son estimation. Organisée par la maison de ventes Artcurial à Paris cette vente s'est élevée à 437.672 euros.

Braque, Miro, Picasso…

C'est le Malraux ami des arts et des artistes qui a le plus attiré. Les deux œuvres de Georges Braque, avec qui André Malraux entretenait une amitié profonde, ont suscité les enchères les plus élevées : "Oiseaux dans le feuillage", lithographie de 1961, s'est envolée à 54.600 euros, tandis que l'huile sur papier de 1963 "Ciel et oiseau" a doublé son estimation à 46.800 euros.

Un pastel et feutre sur papier réalisé en 1967 par Joan Miro et dédicacé à Malraux a été adjugé dix fois son estimation à 33.800 euros, alors qu'une lithographie de Pablo Picasso, représentant un "Portrait de Jacqueline" aux mains croisées, dédicacée "Pour André Malraux, son ami Picasso" a atteint 16.900 euros.

Les "dyables"

Le bureau de l'écrivain, installé dans sa résidence privée de Verrières-le-Buisson, a atteint 44.200 euros, soit dix fois son estimation. Sur ce meuble de style rustique, Malraux écrivit ses derniers ouvrages.

La vente a permis de mieux découvrir un aspect de la personnalité d'André Malraux : passionné dès son enfance par le dessin, il offrait régulièrement à ses proches et amis des illustrations qu'il appelait des "dyables".

Le premier ministre de la Culture (un poste qu'il occupa il y a soixante ans quand celui-ci fut créé en 1959) avait une collection très variée, rassemblant aussi des objets d'art premier, du mobilier, des manuscrits, soit 73 pièces au total. La maison Artcurial avait reçu mandat des descendants de Sophie de Vilmorin, dernière compagne d'André Malraux.

Un descendant d'André Malraux, Alain Malraux, neveu et beau-fils de l'ancien ministre, qui estimait que cette dispersion aux enchères portait atteinte au droit moral et patrimonial de ses descendants, a échoué à la faire suspendre devant la justice.