La Pallas de Velletri, un des joyaux du Louvre, retrouve sa blancheur éclatante après restauration

Le Louvre a présenté mardi 22 septembre une "Pallas de Velletri" restaurée et nettoyée. La statue de la déesse Athéna fait face à la "Vénus de Milo" de l'autre côté de la grande galerie des antiquités grecques et romaines du Louvre

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France Télévisions Rédaction Culture
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La "Pallas de Velletri", statue d'Athéna, après restauration au Louvre (22 septembre 2020) (THOMAS SAMSON / AFP)

La Pallas de Velletri, une des plus importantes statues antiques du Louvre, acquise par Napoléon Bonaparte qui en était tombé amoureux lors de la campagne d'Italie, a été restaurée. Cette statue de la déesse de la guerre Athéna a retrouvé la blancheur étincelante de son marbre à cristaux.

"Napoléon Bonaparte avait été fasciné lors de sa découverte en 1797. Il avait voulu absolument en garantir l'acquisition pour le Louvre. Elle s'était imposée à lui par ses symboles : déesse guerrière et déesse de la sagesse à la fois", a expliqué mardi 22 septembre à l'AFP Ludovic Laugier, conservateur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

La "Pallas de Velletri" restaurée, au Louvre (22 septembre 2020) (© THOMAS SAMSON / AFP)

Face à la Vénus de Milo

De 3,05 mètres de hauteur, représentant Athéna portant le casque et l'égide ornée de la tête de la Gorgone, elle fait face à la Vénus de Milo, chacune à une extrémité de la grande galerie des antiquités grecques et romaines.

Depuis sa restauration de 1992, la statue était encrassée. "Elle était voilée. Des couleurs débordaient en outre des yeux, de la bouche, tel un halo, résultant de pigments ajoutés (...) On a fait des retouches à l'aquarelle claire pour que ces couleurs ne soient plus dissonantes", a expliqué Ludovic Laugier. Le principal résultat est surtout d'"avoir retrouvé la qualité de ce marbre, un marbre, celui de Thasos (une île au nord de la mer Egée), très blanc, à gros cristaux, qui brille avec la lumière", a-t-il ajouté.

La surface a été nettoyée, les bouchages, altérés pour la plupart, ont été retouchés, des fissures comblées pour éviter l'accumulation de poussière, certaines chevilles ont été refaites en mortier et poudre de marbre pour améliorer la lisibilité de certains motifs du drapé. Des travaux menés par deux des meilleures expertes de ce type de restauration, Anne Liégey et Nathalie Bruhière.

Une œuvre très convoitée

Découverte non loin de Rome lors de la campagne militaire française en 1797, restaurée à l'époque par le sculpteur italien renommé Vincenzo Pacetti, la statue colossale est la réplique romaine du Ier siècle d'un original grec en bronze créé autour de 430 avant JC, attribué à Crésilas. C'est la seule version de ce type statuaire aussi bien conservée, indique le musée.

Napoléon et Joséphine s'en étaient immédiatement entichés et l'avaient acquise pour leur musée. La Pallas n'était pourtant arrivée au Louvre qu'après diverses péripéties : transportée à la villa Médicis à Rome d'où elle devait rejoindre Paris, elle fut saisie par l'armée napolitaine lors de l'invasion de Rome. Confisquée par le roi de Naples, elle fut finalement échangée contre d'autres œuvres au traité de Florence. C'est finalement en 1803 qu'elle est arrivée en France. Signe de son importance symbolique, en 1804 une médaille frappée pour la célébration de la naissance du code civil la représentait.

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