Cet article date de plus de six ans.

Le printemps 2017 de l'incontournable et multiple Picasso

Plusieurs expositions, à Paris, en région et à Madrid sont consacrées à Picasso, vu sous des angles d'inspiration différents et enrichissants. D'ici la fin de l'année, en France, pas moins de onze rendez-vous auront été consacrés à l'artiste.

Article rédigé par Anne Chépeau, France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Parmi les expositions consacrées à Picasso, celle intitulée "Picasso primitif", au musée du Quai Branly à Paris jusqu'au 23 luillet 2017. (MAXPPP)

Pablo Picasso est partout en ce printemps 2017. À Madrid, "Pitié et terreur, le chemin vers Guernica" est proposée au public, à partir de mardi 4 avril. En France, pas moins de onze expositions sont ou seront consacrées à Picasso d’ici la fin de l’année 2017. Deux à Paris et trois à Rouen viennent d'ouvrir. Quatre autres sont programmées à Antibes (Alpes-Maritimes), Perpignan et à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), ainsi qu'à Landerneau (Finistère).

Les œuvres de Picasso plus facilement prêtées

Pourquoi ces multiples présentations concomitantes autour de Pablo Picasso ? La première explication, donnée par l'un des petits-fils du peintre, Bernard Ruiz-Picasso, vient du changement de direction, opéré il y a trois ans, à la tête du musée Picasso à Paris. Il compte dans sa collection plus de 5 000 œuvres et plus de 10 000 pièces d’archives.

Le musée Picasso a repris sa mission qui est de prêter des œuvres dans le cadre de projets. Trois ans plus tard, on se trouve dans cette situation avec un foisonnement d'expositions Picasso.

Bernard Ruiz-Picasso, l'un des petits-fils du peintre

à franceinfo

Ainsi, au musée du Quai Branly à Paris, pour le rendez-vous "Picasso primitif", la quasi-totalité des œuvres du peintre présentées vient du musée Picasso. Pour cette exposition, elles sont mises en relation avec des objets d’art africain et océanien : masques, sculptures ou peintures.

Au musée du Quai Braly, Torero de Pablo Picasso (1970) aux côtés du Masque anthropomorphe ( Gabon avant 1930); (RADIO FRANCE / Anne Chépeau)

Une envie des conservateurs de musée

À lui seul, le nom de Picasso garantit le succès d’une exposition. Jusqu'au 11 septembre 2017, Rouen en propose trois, notamment "Boisgeloup, l’atelier normand de Picasso", au musée des Beaux-Arts. C'est la première fois que la période de Boisgeloup, ces cinq à six années très créatives au cours desquelles le peintre a vécu et travaillé dans ce château situé près de Gisors, se retrouve au cœur d’une exposition. 

A Boisgeloup, Picasso représente les formes généreuses de Marie-Thérèse Walter, dans ses sculptures et ses peintures. (RADIO FRANCE / Anne Chépeau)

Pour le directeur de la réunion des musées métropolitains Rouen Normandie, Sylvain Amic, l'affluence aux expositions est loin d’être la seule motivation. Il y a de très nombreux thèmes qui n'ont pas été traités dans la sphère Picasso et Boisgeloup en est un.

Selon les lieux, selon les régions, on peut ciseler de nouveaux sujets. Picasso est un génie aux multiples facettes et on n'en fait jamais le tour.

Sylvain Amic, directeur de la réunion des musées de Rouen

à franceinfo

Sylvain Amic ajoute que le mouvement des œuvres, hors des capitales, constitue "un fait nouveau, important et fondamental"Les trois expositions de Rouen sont ainsi les premières jamais consacrées à Picasso en Normandie. 

De l'inédit aussi au musée Picasso à Paris

Jamais encore, la première épouse du peintre, Olga, n’avait fait l’objet d’un rendez-vous sous son nom. 

L'exposition "Olga Picasso" au musée Picasso à Paris du 21 mars au 3 septembre 2017 (RADIO FRANCE / Anne Chépeau)

Et pourtant, Olga a occupé une place très importante dans son œuvre, comme le souligne la commissaire de l'exposition au musée Picasso, Emilia Philippot. "Olga est une des rares femmes qui va apparaître dans l'œuvre de Picasso sous différentes formes, et en tout cas sous différents plastiques", explique-t-elle, en donnant les clés de la comparaison. "Dora Maar dans l'esprit de tout le monde, c'est la femme qui pleure, la période de Guernica. Françoise Gilot, femme-fleur, c'est la période heureuse. Marie-Thérèse Walter, c'est la grande période de la sculpture, des volumes très généreux, très sensuels", ajoute Emilia Philippot. 

Olga, c'est le classicisme, mais aussi le surréalisme.

Emilia Philippot, commissaire de l'exposition "Olga Picasso"

à franceinfo

La dernière épouse de Picasso, Jacqueline, sera, elle, au cœur de la rétrospective attendue à partir du 25 juin prochain, à Landerneau, au Fonds Hélène et Edouard Leclerc. Environ 250 peintures, dessins et céramiques issus de la collection Jacqueline Picasso y seront présentés. La fondation espère attirer 180 000 visiteurs à cette exposition.

Le printemps 2017 de l'incontournable et multiple Picasso - un reportage d'Anne Chépeau

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.