"Le diable au corps", quand l’op art électrise le cinéma, au MAMAC de Nice

Cette exposition du musée d'Art contemporain de Nice est organisée dans le cadre des cent ans des studios de la Victorine.

L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot, 2009 Rushes tirés du film de Clouzot, L’Enfer, 1964
L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot, 2009 Rushes tirés du film de Clouzot, L’Enfer, 1964(© 2009 Lobster Films/France 2 Cinema – Avec l’autorisation de mk2 films)

Le MAMAC de Nice présente jusqu'au 29 septembre 2019, l'exposition d'op art (ou art optique) "Le diable au corps". Une exposition où les géométries euphorisantes de l'art cinétique apportent un travestissement inattendu au cinéma.

"Op art" : déstabiliser le regard, démocratiser l'art

Peintures à illusions d’optique, jeux de lumière, formes géométriques, l'op art voit le jour au beau milieu des années 1960. Courant d’avant-garde, cet art cinétique  rencontre un succès populaire, au point de connaître un phénomène de récupération inédit. Designers, publicitaires, stylistes, l'ambiance psychédélique qui règne à l'époque s'immisce dans tous les domaines. Même la rue adopte ce nouveau style qui bouscule la perception et démocratise l’art.

Heinrich Heidersberger, Kleid aus Licht, 1949 Institut Heidersberger, Wolfsburg 
Heinrich Heidersberger, Kleid aus Licht, 1949 Institut Heidersberger, Wolfsburg  (© Heinrich Heidersberger)

A travers près de 30 films, 150 œuvres et documents, l'exposition plonge le visiteur au sein de l'histoire passionnelle entre deux arts visuels : celui du mouvement et celui de la lumière. L'op art se fait vite une place dans le monde du cinéma et offre un nouveau regard sur la fonction de l'image. Les plasticiens comme Vasarely, JeanTinguely, François Morellet ou encore Bridget Riley utilisent ces jeux visuels euphorisants dans leurs créations.

Vue d’exposition « Le Diable au corps. Quand l’Op Art électrise le cinéma » 17 mai – 29 septembre 2019. MAMAC, Nice Gianni Colombo, Spazio Elastico, 1967 Archives Gianni Colombo, Milan
Vue d’exposition « Le Diable au corps. Quand l’Op Art électrise le cinéma » 17 mai – 29 septembre 2019. MAMAC, Nice Gianni Colombo, Spazio Elastico, 1967 Archives Gianni Colombo, Milan (© François Fernandez)

Faire et voir un film autrement 

A l'approche de Mai 68, l'art cinétique résonne fortement avec les revendications révolutionnaires et entend redonner les pleins pouvoirs au spectateur. Godard, Trufffaut, Clouzot, Demy, les cinéastes de la Nouvelle Vague s'emparent de cette distorsion des lignes. "Cette jeune génération veut casser ce qui est trop académique et ce qui est écrit dans les studios et descend dans la rue avec la caméra à l'épaule pour filmer le réel", explique Laura Pippi Detrey, assistante de conservation au MAMAC. 

Un art moderne qui permet aussi de sublimer des scènes de cinéma. De la comédie au thriller, il permet une perception différente et accentue les traits comme la psychose, l'euphorie ou l'admiration. Comme dans L'enfer, ce film inachevé d'Henri-Georges Clouzot. "Il fait appel à deux artistes pour réaliser cette séquence faite de paillettes et de jeux de lumières qui met en avant la beauté fatale de Romy Schneider et cette jalousie excessive du mari", analyse encore Laura Pippi Detrey. 

Youtube

"Le diable au corps" : quand l’Op Art électrise le cinéma jusqu'au 29 septembre 2019 au MAMAC de Nice,1 place Yves Klein

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 h à 18h 

Ticket individuel 24h : 10€