La tapisserie d'après "Guernica" retrouve sa place à l'entrée du Conseil de sécurité de l'ONU

Il y a un an tout juste, la tapisserie d'après "Guernica" de Picasso, prêtée par la famille Rockefeller à l'ONU, avait été reprise par ses propriétaires. Elle va revenir à la place qui était la sienne depuis 37 ans.

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France Télévisions Rédaction Culture
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La tapisserie réalisée par l'atelier J. de la Baume-Durrbach d'après le "Guernica" de Picasso accrochée au siège de l'ONU à New York, le 2 janvier 2018 (MARY ALTAFFER / AP / SIPA)

Un an après sa disparition soudaine qui avait provoqué une vive émotion à l'ONU, la famille Rockefeller, propriétaire de l'œuvre, a décidé d'exposer à nouveau à l'entrée du Conseil de sécurité sa vaste tapisserie représentant Guernica de Picasso, a-t-on appris samedi de sources onusiennes.

"C'est super", a réagi un diplomate, résumant le soulagement de nombre de ses collègues, fonctionnaires ou journalistes travaillant à l'ONU à New York. Selon une source onusienne, le ré-accrochage de la tapisserie était en bonne voie samedi matin au siège de l'Organisation.

En février 2021, en pleine crise aigüe de Covid-19 et alors que le campus de l'ONU était déserté de ses milliers d'employés enjoints au télétravail, la vaste fresque avait disparu de l'entrée du Conseil de sécurité, sans qu'aucune explication n'ait été fournie par la famille Rockefeller qui l'avait prêtée à l'ONU depuis plus de trois décennies.

Le secrétaire général de l'ONU pris par surprise

"C'est horrible, horrible", avait alors réagi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pris par surprise devant cette décision, et promettant de tout faire pour faire revenir l'œuvre. Interrogée par l'AFP, la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, avait en revanche alors indiqué qu'elle ne ferait pas de démarche spécifique auprès du propriétaire.

Commandée en 1955 par Nelson Rockefeller, la tapisserie tirée de l'œuvre de Pablo Picasso et qui représente le bombardement de la ville de Guernica le 26 avril 1937 par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, a été tissée par l'atelier français Jacqueline de La Baume-Dürrbach.

C'est Picasso lui-même, séduit par la capacité de la lissière Jacqueline de La Baume-Dürrbach à reproduire les œuvres de ses contemporains sans le copier, qui avait suggéré au collectionneur de lui passer commande d’une tapisserie d’après son chef-d’œuvre. Trois exemplaires ont été réalisés. La deuxième version, réalisée en 1976, a été acquise par le Musée Unterlinden trois ans plus tard. Le troisième exemplaire de 1983 est depuis 1996 au musée d’Art moderne de Gunma à Takasaki (Japon).

Une "erreur de communication", selon Nelson Rockefeller Junior

Dans un entretien au New York Times publié samedi, Nelson Rockefeller Junior a reconnu une "erreur de communication" pour une œuvre qui avait besoin semble-t-il de nettoyage. La tapisserie est rendue à l'ONU avec la possibilité pour la famille de la reprendre temporairement pour des expositions aux Etats-Unis et à travers le monde.

La présence de la tapisserie, devant laquelle passent régulièrement des présidents, ministres et autres ambassadeurs allant au Conseil de sécurité, vise à les sensibiliser à la tragédie de la guerre.

"Cette tapisserie n'est pas seulement le rappel émouvant des horreurs de la guerre, mais en raison de son positionnement, elle témoignait également de tant d'histoires qui se déroulent depuis 1985 aux abords du Conseil de sécurité", avait indiqué il y a un an le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Interrogé jeudi sur les rumeurs d'un retour imminent de la tapisserie, son adjoint, Farhan Haq, a souligné que, pour le chef de l'ONU, son exposition s'accompagne d'"un message très important pour le monde en termes de dangers et d'horreurs de la guerre". "Et c'est bien d'avoir ce rappel ici à l'ONU", a-t-il ajouté.

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