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"Douce France", l'histoire des musiques de l'exil se raconte au festival "Détours de Babel" de Grenoble

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"Douce France", les chansons de l'immigration
"Douce France", les chansons de l'immigration "Douce France", les chansons de l'immigration (France 3 Alpes)
Article rédigé par Marie Pujolas
France Télévisions - Rédaction Culture
C'est une exposition interactive, vivante et didactique qui est proposée à Grenoble jusqu'au 8 avril dans le cadre du festival musical "Détours de Babel" qui rassemble des artistes venus du monde entier. L'occasion de plonger dans la riche histoire des artistes issus de l'immigration, à l'image de Rachid Taha, disparu en 2018.

Douce France, c'est l'une des chansons incontournables du patrimoine musical français, interprétée par Charles Trenet dès 1943 et qui fut rapidement reprise par le public comme un acte de résistance pendant l'occupation. Et puis, il y a la version rock et multiculturelle de Rachid Taha et son groupe Carte de séjour, sortie en 1986. Une chanson devenue l'hymne d'une jeunesse métissée en quête d'identité. Le symbole idéal pour l'exposition Douce France, présentée à l'ancien musée de peinture de Grenoble

Rachid Taha, symbole d'une ouverture

Car il s'agit ici de retracer une histoire de l'immigration à travers la musique. Les personnes originaires du Maghreb arrivées en France depuis les années 60 ont amené dans leurs bagages leur héritage culturel. Un héritage qui restera d'abord dans les familles ou les cafés fréquentés uniquement par des Algériens, Tunisiens ou Marocains.

Au fil des décennies, certains ont réussi le pari de l'ouverture. Rachid Taha représente ce symbole. Une partie de l'exposition tourne autour de la carrière du regretté chanteur franco-algérien. "Il se trouve pris dans toutes les problématiques de l'époque. La deuxième génération d'immigrés, nés en France ou arrivés en France pendant l'enfance, sont tiraillés entre leurs deux cultures, explique Pierre-Henri Frappat, codirecteur du Centre International des Musiques Nomades. Lui a eu cette idée géniale de faire le lien avec le patrimoine musical français en reprenant la chanson de Trenet"

Les chansons de l'exil

L'exposition retrace aussi d'autres histoires, moins connues. interactive et ludique, elle permet par exemple de découvrir l'ambiance des cabarets orientaux à la mode dans les années 60 à Paris où un public aisé venait écouter du Chaâbi, l'un des genres musicaux les plus populaires en Algérie. Des artistes qui fréquentaient aussi des cafés algériens, où il jouaient pour les ouvriers dans les banlieues. La banlieue, lieu de naissance également du mouvement hip-hop dans les années 80 : la culture urbaine et multiculturelle évoquée aussi dans l'exposition.  

L'exposition Douce France, jusqu'au 8 avril, fait partie de la programmation du festival Détours de Babel. Un rendez-vous musical unique. Partout à Grenoble et dans le département de l'Isère, des concerts sont organisés pour faire découvrir à un large public des groupes venus du monde entier. Le festival se poursuit jusqu'au 10 avril. 

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