Chagall et les vitraux au Centre Pompidou-Metz : une visite en avant-première dans votre canapé

L'exposition "Marc Chagall, le passeur de lumière" devait ouvrir ses portes le samedi 21 novembre. Pour vous faire patienter, le Centre Pompidou-Metz organise une visite virtuelle avec la commissaire ce même jour à 11h sur son site internet et sur les réseaux sociaux.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Marc Chagall, Le Monde rouge et noir ou Soleil rouge (carton de tapisserie, détail), 1951, Aquarelle, gouache, pastel gras sur papier fait machine sur papier contrecollé sur papier marouflé sur toile, Collection particulière (© Adagp, Paris 2020 Photo © Ewald Graber)

Avant de pouvoir ouvrir ses portes, le Centre Pompidou-Metz offre samedi à partir de 11h00 sur son site internet et sur les réseaux sociaux une visite virtuelle en avant-première de son exposition phare "Marc Chagall, le passeur de lumière", consacrée aux vitraux de l'artiste et dont le vernissage était prévue à la même date. Elle est programmée jusqu'au 15 mars.

Organisée dans le cadre des 800 ans de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, l'exposition présente des maquettes des vitraux réalisés par Marc Chagall (1887-1985) les trente dernières années de sa carrière, entre 1956 et 1984. Elles sont mises en correspondance avec un ensemble de peintures, sculptures, céramiques et dessins issus des collections du Centre Pompidou, du musée national Marc Chagall, de musées internationaux et de collections particulières.

Les vitraux de la chapelle du Saillant, en Corrèze, déposés dans le cadre d'une opération de sécurisation, sont également montrés à Metz.

Marc Chagall, "Sarrebourg, chapelle des Cordeliers, la Paix ou L’Arbre de Vie", 1974, Dépôt du Centre Pompidou, musée national d’art moderne au Musée national Marc Chagall, Nice (© Adagp, Paris 2020 Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot)

Renouveau de l'art sacré

Marc Chagall a réalisé de nombreux vitraux (Metz, Reims, Sarrebourg), dans le sud de la France (Nice, Voutezac) ainsi qu'en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, en Israël ou aux États-Unis. L'exposition entend éclairer l'histoire de chaque commande, dans le contexte de la reconstruction et d'un renouveau de l'art sacré après la Seconde Guerre mondiale. 

Avec ces commandes, Chagall, artiste d'avant-garde aux racines juives, se confronte à l'échelle monumentale de l'architecture des édifices pour s'adresser à un large public. Elles lui offrent un cadre privilégié pour déployer sa vision de la Bible, "la plus grande source de poésie de tous les temps", au-delà de tout dogme, disait-il. Les vitraux de Chagall, dont ceux qui illuminent la cathédrale de Metz, avaient été entrepris dans la dernière période d'une carrière prolifique et marquée par l'exploration de multiples techniques.

Marc Chagall, "La Tribu de Nephtali", maquette définitive pour les vitraux de la synagogue de l’hôpital Hadassah, Jérusalem, 1959-1960, Gouache, aquarelle, pastel, encre de Chine, papiers collés et crayon sur papier, collection particulière  (© Adagp, Paris 2020 - Photo © Ewald Graber)

Des icônes de Vitebsk au cubisme et au fauvisme

"Le vitrail est exaltant, il lui faut de la gravité, de la passion. Il doit vivre à travers la lumière perçue", expliquait Chagall, dont les réalisations révèlent aussi un langage personnel associant les diverses cultures visuelles qui ont marqué son imaginaire : celle de Vitebsk (Biélorussie), sa ville natale où résonnaient le yiddish, les histoires de la Bible et, au loin, les chants orthodoxes entonnés dans le miroitement des icônes. Mais on y apprécie aussi ses découvertes parisiennes, de la fragmentation des formes cubistes au flamboiement des couleurs du fauvisme.

La visite guidée virtuelle sera commentée par la commissaire de l'exposition, Elia Biezunski, accompagnée de Meret Meyer, la petite-fille de Chagall, et du maître-verrier, peintre et poète Benoît Marq, fils de Charles Marq et Brigitte Simon, les maîtres-verriers qui ont réalisé une grande part de vitraux de Chagall. Elle sera visible sur les comptes Instagram, Facebook, YouTube, Twitter, LinkedIn et sur le site internet du Centre Pompidou-Metz.

L'exposition est programmée jusqu'au 15 mars et il n'est prévu aucune prolongation. Le Centre Pompidou-Metz l'ouvrira au public dès la levée des mesures de restriction par le gouvernement.

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