Au musée d'Orsay, discuter avec Van Gogh grâce à l'intelligence artificielle

A l’origine de l’une des attractions numériques de l’exposition Van Gogh au musée d’Orsay, une jeune start-up alsacienne conçoit des avatars de personnages célèbres grâce à l’intelligence artificielle générative.
Article rédigé par Chrystel Chabert
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un avatar qui parle avec un léger accent hollandais. (FRANCE 3 ALSACE / C. Peyrot / A. Rapp / J. Baudart)

Bonjour Vincent, c’est le nom de ce projet original présenté dans le cadre de l'exposition Van Gogh à Auvers-sur-Oise au musée d’Orsay jusqu’au 4 février 2024 et qui retrace les deux derniers mois de la vie du célèbre peintre hollandais. Située à la sortie de l’exposition, une borne en accès libre permet au public d’échanger quelques mots avec Vincent Van Gogh en train de peindre le tableau Le Champ de blé aux corbeaux.

une jeune start-up alsacienne spécialisée dans l'intelligence artificielle, conçoit des avatars de personnages célèbres avec lesquels on peut dialoguer. Parmi eux, Vincent Van Gogh, présent dans l'expo qui lui est consacrée au musée d'Orsay.
Jumbo Mana, une jeune start-up alsacienne spécialisée dans l'intelligence artificielle, conçoit des avatars de personnages célèbres avec lesquels on peut dialoguer. Parmi eux, Vincent Van Gogh, présent dans l'expo qui lui est consacrée au musée d'Orsay. (FRANCE 3 ALSACE / C. Peyrot / A. Rapp / J. Baudart)

L'être humain derrière l'IA

Pour rester au plus près de sa personnalité et de la réalité des faits historiques, les concepteurs du projet se sont appuyés sur un corpus de 900 lettres dans lesquelles Van Gogh se confie sur sa vie et son travail. Comme le rappelle Michaël Friess, le directeur général de Jumbo Mana, "l'IA peut dire des choses incorrectes. L'homme est là pour renseigner les données que l'avatar va utiliser dans ses réponses".

Pour concevoir ce programme, la startup française Jumbo Mana a collaboré avec le Dr Wouter van der Veen, historien spécialiste de Van Gogh. BPI France et la région Grand-Est ont apporté leur financement avec le soutien de l’Université de Paris-Saclay et de l’IDRIS pour l’accès au supercalculateur Jean-Zay. 

L'IA générative

Jumbo Ana est spécialisée en IA générative. D’après la définition donnée sur la page big média de BPI France,  cette catégorie d'IA "se concentre sur la création de données, de contenu ou de choses artistiques, de façon indépendante. Elle diffère de l'IA classique, qui se concentre, quant à elle, sur des tâches spécifiques telles que la classification, la prédiction ou la résolution de problèmes. L'IA générative vise à produire de nouvelles données qui ressemblent à celles créées par des êtres humains, que ce soit sous forme de texte, d'images ou encore de musique par exemple."   

Grâce à cette technologie, la jeune start-up strasbourgeoise créée en 2022 a été retenue pour participer au 57e Consumer Electronics Show (CES), le plus grand salon mondial de l’électronique qui se tient à Las Vegas jusqu’au 7 janvier 2024. 

Dali, Rimbaud et les autres

Cette expérience n’est pas la première dans ce domaine. En 2019, à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du peintre surréaliste Salvador Dali, le musée Dali de Saint-Pétersbourg, en Floride, proposait un outil de médiation pour entrer en dialogue avec l’artiste à la célèbre moustache. C’est la société Goodby Silverstein & Partners de San Francisco (GS & P) qui avait porté ce projet innovant.

L'IA générative est amenée à se développer, notamment dans les lieux culturels qui veulent trouver d'autres formes de médiation vers le public. Jumbo Mana travaille déjà sur de nouveaux avatars : Arthur Rimbaud et Albert Schweitzer.

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