À Marseille, la graveuse engagée Annabel Schenck expose sa "porte interdite" en pleine rue

La graveuse présente ses oeuvres contemporaines jusqu'au 30 janvier 2022 à la galerie Zemma au centre-ville de Marseille, dans une exposition intitulée "Après moi le déluge". 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Gravure d'Annabel Schenck collée dans la rue de la République à Marseille (France 3 PACA)

C'est une œuvre d'art urbain qui ne laisse pas indifférent. Collée sur une façade à l'angle la rue de la République et du boulevard des Dames à Marseille, la gravure d'Anabel Schenck fait écho à la situation actuelle. On y voit des passants anonymes, chargés de paquets et masqués sous un drap. L'artiste s'interroge sur les désordres environnementaux et la société contemporaine. Ses gravures sont à découvrir dans le même temps à la galerie Zemma jusqu'au 22 janvier 2022 dans une exposition intitulée Après moi le déluge.

Reportage France 3 Provence - Camille Bosshardt et Emmanuel Zini :

FTR

La gravure de l'interdit

À l'origine, Annabel Schenck a créé cette immense gravure qui pointe la surconsommation pour une des voûtes extérieures du centre commercial des Docks de Marseille. Une installation qui n'a pas fait l'unanimité du conseil d'administration du complexe commercial et qui a rejeté le projet. L'œuvre a donc trouvé place dans la rue de la République. Initialement intitulée La porte des Docks, elle a naturellement changé de nom et est devenue La porte interdite. 

Gravure d'Annabel Schenck collée dans la rue de la République à Marseille (France 3 PACA)

Du non-sens de la société contemporaine

Depuis qu'elle a débuté la gravure au début des années 2000, Annabel Schenck explore et expérimente toutes les techniques. De la photographie aux installations dans l'espace, ses oeuvres font voir la gravure sous un angle contemporain. Pour la galerie Zemma, elle a créé un second tirage de la gravure La porte des Docks en la renversant. "On a des plis, un plissé, un volume, et on a une forme un peu monstrueuse qui va dans le mur : ça s'appelle le 'non-sens', ça questionne la perte de sens dans la société d'aujourd'hui", détaille l'artiste. 

"La porte interdite" renversée dans la galerie Zemma de Marseille (France 3 PACA)

Un travail engagé et fragile

Annabel Schenck a vécu dix ans en Inde où elle a appris la gravure traditionnelle sur bois auprès des artisans de Calcutta. Une vie loin du confort qui lui a fait toucher du doigt les désordres écologiques et sociaux actuels. Tout est parti d'un livre Larousse 1953 illustré sur la mer : en le feuilletant Annabel a un haut-le- cœur en voyant photos de pêche et de bateaux remplis de poissons. "J'ai eu alors l'idée de tirer du livre des photos et des illustrations gravure, et d'imprimer par-dessus des gravures, des monotypes afin d'en donner une seconde lecture actuelle", raconte-t-elle. 

Une approche engagée mais aussi poétique face aux dysfonctionnements de la société contemporaine. "La gravure a fait partie des médias grands publics durant l'expansion de la presse au XIXe siècle, et aujourd'hui Annabel réinsère ce médium dans une actualité critique contemporaine", explique le galeriste Marc Ragouilliaux. 

Les oeuvres gravées d'Annabel Schenck exposées à la galerie Zemma de Marseille (France 3 PACA)

Annabel Schenck réalise ses gravures dans son atelier du Couvent Levat, à la Belle de mai.

Exposition "Après moi le déluge" à la galerie Zemma du jeudi au samedi de 15 heures à 19 heures jusqu'au 30 janvier 2022.

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