Reportage "Ce sont des trésors, c'est sacré" : à Troyes, la manufacture Vincent-Petit restaure les vitraux de Notre-Dame

Bien qu'épargnés durant l'incendie de 2019, les vitraux de la cathédrale doivent être nettoyés et rénovés. La société de l'Aube fait partie des huit ateliers chargés de s'en occuper.

Article rédigé par
William de Lesseux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les vitraux de Notre-Dame sont nettoyés sur les tables lumineuses de la manufacture Vincent-Petit, à Troyes.
 (WILLIAM DE LESSEUX / RADIO FRANCE)

Des centaines de vitraux passent dans cet atelier, et pas n'importe lesquels. La manufacture Vincent-Petit, bâtiment discret à Troyes, a pour mission de remettre en état les précieux vitraux de la cathédrale Notre-Dame. 

À deux ans de la réouverture prévue et espérée par l'Etat après l'incendie du 15 avril 2019, différents chantiers se préparent pour reconstruire le monument parisien : un travail sur les charpentes et les toitures dès la fin du mois d'août, puis la reconstruction de la flèche en septembre. Quant aux vitraux, épargnés par les flammes, ils sont stockés hors du lieu depuis deux ans et doivent désormais être nettoyés. 

Huit ateliers de maîtres verriers

Alice Gonet est restauratrice à la manufacture Vincent-Petit. Elle inspecte chaque recoin de vitrail à la loupe, un scalpel et un bâtonnet de coton à la main. "Quand les panneaux arrivent, ils sont très charbonneux, très poussiéreux. Par chance, il n'y a pas d'altération particulière au niveau de tout ce qui est vitrerie, observe-t-elle. On a un gros travail de nettoyage avec de l'eau et de l'éthanol. Il faut faire très attention à ce qu'on fait dans le geste pour ne pas venir endommager encore plus le vitrail."

"On se sent clairement privilégiés parce qu'on a accès à des vitraux auxquels on n'aurait jamais accès en temps normal. Les approcher d'aussi près, c'est quand même assez exceptionnel."

Alice Gonet

à franceinfo

Une fois la suie aspirée, la couleur des vitraux se révèle enfin et Alice Gonet s'en réjouit : "Il y a quelque chose qui se dégage. Il faut arriver à avoir une certaine distance d'ailleurs, puisque ça peut être un peu fort sur le plan émotionnel. C'est des trésors, c'est sacré." 

À la tête de l'équipe des quinze restaurateurs de la manufacture troyenne, Flavie Serrière Vincent-Petit a reçu la distinction de la Légion d'honneur en 2018. Si son atelier s'attèle aujourd'hui à la restauration de ces vitraux sacrés, il n'est pas le seul : sept autres manufactures de maîtres verriers sont également responsables de restauration. "Il faut avoir un degré de nettoyage très semblable entre ateliers. La difficulté est de trouver une belle homogénéité pour qu'ensuite il n'ait pas des baies trop nettoyées face à d'autres qui ne le seraient pas suffisamment. L'idée est d'harmoniser tout ça, explique la restauratrice. Ce qui est intéressant, c'est d'oeuvrer ensemble à un projet commun avec tous nos confrères pour remettre ces vitraux dans l'édifice. C'est une très belle aventure humaine."

Leur retour à Notre-Dame est envisagé pour 2023, soit un an avant la réouverture prévue. Pour tenir ce délai, l'atelier ne fermera pas de l'été.

Notre-Dame : la restauration des vitraux - Reportage à Troyes de William de Lesseux
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