Après avoir coloré les rues, le graffeur Selor et son Mimil s'exposent dans un institut de Bordeaux

Publié
FTR
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture

Connu dans les rues de Bordeaux et ailleurs dans le monde avec Mimil, son personnage emblématique, le graffeur Selor est exposé pour la première fois à l’Institut Bernard Magrez à Bordeaux. 

Pour la première fois depuis qu’il graffe, Selor (David de son prénom) est exposé entre quatre murs, ceux de l’Institut Bernard Magrez à Bordeaux, du 15 janvier au 27 mars. Fermé pendant plusieurs mois, ce lieu dédié aux événements culturels et street art voulait "marquer le coup" en invitant l'artiste, "très identifié à Bordeaux" d'après Aurélien Desaillou, le directeur artistique de l'Institut.  

En effet, depuis dix ans, les Bordelais ont pris l’habitude de rencontrer le Mimil de Selor au coin de la rue, toujours sur des murs de bâtiments abandonnés, jamais sur les nombreuses belles façades de la capitale girondine. Un Mimil très reconnaissable avec son tee-shirt rayé, sa silhouette longiligne et sa tête de canidé pas clairement identifiable. 

On me demande souvent ce que c’est, un chien, un renard ? Je n’ai jamais répondu à cette question. Je dis que c’est un Mimil. L’important, c’est qu’il fait, pas ce qu’il est. Ça peut être aussi tout simplement une personne avec un masque.

Selor

street artiste

 

Le Mimil au pull rayé dans les rues de Bordeaux. (G. Decaix / France Télévisions)

De la poésie et des jeux de mots

C'est un personnage à tête animale -avec un corps d'homme et des postures humaines - que Selor a imaginé alors qu’il effectuait un service civique au Portugal auprès de personnes autistes. “Il y avait dans ce centre très peu de personnes autistes avec lesquelles il était possible de communiquer", raconte l’artiste sur le site QG des Artistes. C’est pour cette raison que mon personnage n’a pas de bouche, car là-bas les gens ne communiquaient pas par le verbe. De fait, il ne parle pas, mais écrit."

Les fresques de Selor sont quasiment toujours accompagnées de textes, de jeux de mots parfois malicieux, souvent poétiques. Quelques exemples : "L’amour à mer dit vague" ; "Tu me manque ! Moi ce qui me manque c’est le S à la fin" ; "La vie est aussi belle les yeux fermés (enfin on ne sait pas)" ; "L’arnaque était grosse comme un éléphant ! Et pourtant je me suis fait tromper"... 

Le Mimil à l'Institut culturel Bernard Magrez à Bordeaux. (G. Decaix / France Télévisions)

Le graff, ce trentenaire natif de Cognac l’a découvert à l’âge de dix ans quand le graffeur Seron Monbaton est venu tagguer une nuit son école primaire. À l’adolescence, Selor peint déjà des toiles. Il se met à faire du lettrage graffiti avant de se sentir “limité par le travail de typographie”. S’ensuit une période de recherches personnelles où il peint une centaine de toiles dans le style de Basquiat, teste la peinture comme aux grottes de Lascaux, avec des œufs et de la terre, et surtout voyage pendant plus de cinq ans avant de revenir en France avec le Mimil dans ses bagages.  

La fragilité s'expose

L'exposition qui lui est consacrée à l'Institut Beranrd Magrez s'intitue Fragile pour évoquer la fragilité physique des œuvres faites en extérieur, cette dimension est inhérente à l’être humain. Cela passe par un choix de support, de couleurs, de sujets afin de traiter de la solitude à plusieurs, de la dégradation qui embellit, et autres paradoxes comme l’amour et la haine, la rue et la toile… Son Mimil tape dans le mille pour nous émouvoir et nous faire sourire.

"Fragile" de David Selor, du 15 janvier au 27 mars à l'Institut culturel Bernard Magrez - Château Labottière, 16 rue de Tivoli, Bordeaux. Ouvert les samedis et dimanches de 13h à 18h - Tarifs : de 6€ à 8€

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.