Un prix littéraire, ça vous change un écrivain en gestionnaire de fortune

Voici le troisième épisode de notre série d'articles pour comprendre les effets d'un prix littéraire sur un auteur. 

Paula Jacques, prix Femina 1991 pour \"Déborah et les anges dissipés\" (Mercure de France), dans sa maison, à Paris, le 4 octobre 1995.
Paula Jacques, prix Femina 1991 pour "Déborah et les anges dissipés" (Mercure de France), dans sa maison, à Paris, le 4 octobre 1995. (APESTEGUY / SIPA)
PRIX LITTERAIRES - Au lendemain du Femina, c'est le prix Medicis qui a été remis mardi 6 novembre. Quels sont les effets d'une telle récompense sur un auteur ? Voici le troisième volet de notre série d'articles sur les rôles endossés par les écrivains primés. Après "un artiste maudit", aujourd'hui, "un gestionnaire de fortune".
 
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L’un des avantages indéniables d’un prix littéraire est de garantir à l’heureux élu un certain nombre de ventes, et donc de droits d’auteur. Avant le Goncourt, "j’avais la vie de la plupart des écrivains français. Je vivais mal", se souvient Gilles Leroy, qui plafonnait à 8 000 exemplaires par ouvrage. Après avoir reçu le Goncourt – le prix le plus rentable – en 2007 pour Alabama Song (Mercure de France), l’écrivain a vu les ventes de son livre s’envoler à 400 000 exemplaires en France et 100 000 à l’étranger.
 
Pour ne pas gaspiller le fruit de ce succès, il a aussitôt fait appel à un avocat spécialisé. "J'ai épongé mes dettes, sauvé ma maison percheronne que je m'apprêtais à vendre et je me suis fait le cadeau d’un appartement à Paris", résume-t-il. 
 
Pour rappel, un auteur perçoit entre 8 et 12% du prix de vente de son livre, situé autour de 20 euros. Après le Goncourt, le prix Femina est l’un des prix qui dopent le plus les ventes, avec en moyenne de 150 000 à 200 000 exemplaires écoulés. "Cela ne m’a pas tirée de la misère, je gagnais déjà ma vie, souligne Paula Jacques, qui a reçu le Femina en 1991 pour Déborah et les anges dissipés (Mercure de France). Mais j’ai pu acheter une petite maison à Paris". Viennent ensuite le Renaudot (200 000 exemplaires), le Goncourt des lycéens (130 000 exemplaires) et le prix Interallié (80 000 exemplaires).  
 

Prochain épisode : un prix littéraire, ça vous change un écrivain en "poule aux œufs d'or pour les éditeurs".

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