Théâtre : après "La Mère" et "Le Père", Zeller signe "Le Fils", pièce jouée à la Comédie des Champs-Élysées

Avec notamment Yvan Attal et le jeune Rod Paradot, découvert au cinéma dans "La Tête haute", la pièce "Le Fils" achève la trilogie de Florian Zeller à Paris à la Comédie des Champs-Élysées.

Auteur à 38 ans de cinq romans et de 12 textes pour le théâtre couronnés par des prix, dont un Molière pour la meilleure pièce (Le Père), Florian Zeller est l\'un des dramaturges français les plus en vue.
Auteur à 38 ans de cinq romans et de 12 textes pour le théâtre couronnés par des prix, dont un Molière pour la meilleure pièce (Le Père), Florian Zeller est l'un des dramaturges français les plus en vue. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

C’est une trilogie théâtrale signé de l’auteur Florian Zeller : après La Mère créée en 2010, Le Père en 2012, voici à présent Le Fils. La pièce est jouée en ce moment à Paris à la Comédie des Champs- Élysées, avec notamment Yvan Attal et le jeune Rod Paradot, découvert au cinéma dans La Tête hauteLe Fils est l’histoire du mal-être d’un adolescent, Nicolas, joué par Rod Paradot. Nicolas ne va plus au lycée depuis trois mois, ne parle plus à sa mère, qui se sent complètement dépassée. Il demande à son père, Yvan Attal, désormais marié avec une autre femme et papa d’un nouveau-né, de venir vivre chez lui. Mais là encore le dialogue est difficile, voire impossible…

Insupportable séparation

Yvan Attal revient au théâtre après six ans d’absence et a tout de suite été touché par le texte de Florian Zeller : "La pièce est belle, bouleversante. Cela a résonné aussi de façon intime : je suis sorti d’une crise d’adolescence de mon fils un peu compliqué. Et je pense que cela dépasse le rapport père-fils." Comment en effet ne pas être bouleversé par le désarroi des parents de Nicolas et par celui de cet adolescent qui se mutile pour calmer ses angoisses ou qui avoue qu’il préférait quand il était un enfant, tant la séparation de son père et de sa mère lui est insupportable.

Un père qui ne fuit pas ses responsabilités : il est à l’écoute mais il ne mesure pas la gravité de la situation. "Il ne comprend pas, et son fils ne répond pas, explique Yvan Attal. Il aimerait avoir l’amorce d’une proposition de quelque chose, entrevoir une possibilité. Il est concerné par son fils, mais sous-estime le problème. Il pense qu’il faut cadrer un adolescent, qu’il dorme, fasse du sport… mais c’est en fait beaucoup plus profond que cela." Un texte fort et d’une grande sensibilité, des comédiens remarquables, notamment Rod Paradot incroyable de vérité dans le rôle de cet adolescent perdu, une mise en scène impeccable, un décor sobre et astucieux. Tout est réuni pour faire du Fils une très belle pièce de théâtre.

Théâtre : après "La Mère" et "Le Père", Zeller signe "Le Fils", jouée à la Comédie des Champs-Élysées - reportage Anne Chépeau
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