Fabrice Éboué dézingue l'époque : "Je détesterais être de ces comiques que tout le monde aime"

Il est de retour sur scène, et il n'a rien perdu de son mordant. Fabrice Éboué propose au théâtre Déjazet à Paris un nouveau spectacle "Adieu hier", où il tourne en dérision la plupart des combats de notre temps.

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Radio France
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Fabrice Éboué revient sur scène avec le spectacle "Adieu hier". (JOHN WAXXX)

"Je détesterais être de ces comiques que tout le monde aime. Ceux qui sont toujours lisses manquent à mon avis de naturel." C'est certain : Fabrice Éboué, lui, s'exprime "nature", sans filtre. Il observe son époque puis "pousse le curseur". Et tant mieux si ça grince, si ça réveille, si parfois, aussi, ça dérape. "Déjà à l'école je faisais rire une partie de la classe et une autre me détestait, j'aime ce rôle-là." Il va tester vos limites, et impossible de savoir ce que lui pense réellement.

C'est parti pour une heure et demi à canarder le consensuel. Les excès supposés du féminisme (et sa volonté de féminisation des noms), la multiplicité des formes affirmées de sexualité (regrettant "la bonne vieille gay-pride" de son enfance), ou l'hypocrisie face au racisme (notant que si les pubs actuelles présentent des personnes racisées, il s'agit surtout de métis). Tout ce qui nourrit ad nauseam les réseaux sociaux. "C'est devenu le rendez-vous de gens qui n'étaient pas censés se rencontrer. Tant qu'ils étaient isolés dans le bistrot du coin, tout allait bien." Les scientifico-sceptiques comparés à l'idiot du village d'autrefois.

Et puis il y a sa passion pour les faits divers. "J'en parle beaucoup, c'est devenu mon fonds de commerce, j'achète mes cadeaux de Noël à mon fils grâce à ces affaires sordides." Michel Fourniret malade d'Alzheimer avant de mourir : voilà de quoi faire une bonne blague. "Si ça se trouve, depuis sa cellule, il regardait un Faites Entrer l'Accusé sur Francis Heaulme et il trouvait ça honteux."

Quinze ans après son apparition dans le Jamel Comedy Club, le public le connaît bien. Ca n'empêche pas au milieu des rires sonores et des applaudissements fournis, quelques yeux écarquillés. "Toute réaction est bonne à prendre, je suis là pour faire vivre une salle, et, en ça, je crois que le pari est réussi." En effet.

Fabrice Éboué dézingue l'époque : le reportage d'Augustin Arrivé
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Fabrice Éboué, Adieu hier, du mercredi au samedi, 20h30, au théâtre Déjazet à Paris, avant une tournée dans toute la France.

Le spectacle de Fabrice Éboué, "Adieu hier". (CHEYENNE PRODUCTION)

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