Cinéma : la réglementation française "favorise le piratage", pour un responsable de Netflix

Il estime que les délais imposés entre la sortie d'un film et sa disponibilité en VOD font du tort à la production cinématographique.

Le siège de Netflix, à Los Gatons, en Californie, le 13 avril 2011.
Le siège de Netflix, à Los Gatons, en Californie, le 13 avril 2011. (RYAN ANSON / AFP)

Il prêche évidemment pour sa paroisse. Le directeur des programmes de Netflix, Ted Sarandos, juge que la réglementation européenne ne protège pas le cinéma et au contraire l'affaiblit. Ted Sarandos a notamment pointé du doigt les règles françaises comme le délai de 36 mois imposé pour que Netflix puisse proposer un film après sa sortie, alors que la société s'est lancée dans l'Hexagone en septembre 2014. "Cela ne protège pas le cinéma", en fait ça le rend plus faible, a affirmé Ted Sarandos lors d'une conférence organisée dans le cadre du festival de Cannes, vendredi 15 mai.

"La chronologie des médias, en France, favorise le piratage. Devoir attendre trois ans pour que les gens puissent voir un film comme il le souhaite encourage cette pratique", a-t-il ajouté. La chronologie des médias est la règle qui impose un délai de 36 mois aux services de VOD par abonnement, avant d'intégrer un long métrage à leur catalogue.

Vivement critiqué, Netflix est accusé de ne pas participer au financement de la création, comme le réclament les diffuseurs européens. Mais le service compte quelques défenseurs de taille à Hollywood. Harvey Weinstein, producteur de Pulp fiction, Le Discours d'un roi ou The Artist, a qualifié Netflix de "visionnaire" pour sa capacité à créer de nouveaux marchés mondiaux pour des produits tels que les documentaires ou les films en langue étrangère. "Rien de ce que nous faisons n'est censé aller à l'encontre des salles de cinéma", a assuré Ted Sarandos. "Je veux offrir le choix aux consommateurs", a-t-il insisté.