Mort de George Blake : "aujourd'hui tout le monde espionne tout le monde", réagit un spécialiste du renseignement

Selon le journaliste Jean Guisnel, l'ancien agent double britannique dont on a appris la mort samedi, appartenait à une époque de l'espionnage totalement révolue où seuls "deux blocs s'affrontaient".

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Radio France
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L'agent double George Blake, le 28 juin 2001 à Moscou. (YURY MARTYANOV / KOMMERSANT PHOTO)

"C'était une époque qu'on a du mal à imaginer aujourd'hui", a commenté samedi Jean Guisnel, journaliste au Point, spécialiste du renseignement, après le décès à 98 ans de George Blake, célèbre agent double britannique qui espionnait pour les Soviétiques dans les années 1950.

Auteur d'une "trahison majeure", selon Jean Guisnel, George Blake avait pris conscience "que ses idéaux politiques penchaient davantage pour les Soviétiques que pour le monde auquel il appartenait", a expliqué le journaliste, auteur de "L’histoire secrète de la DGSE", paru en 2019 chez Robert Laffont.

Il "ne regrettait absolument pas" sa trahison

En pleine Guerre froide, "il y avait beaucoup d'espions", a rappelé Jean Guisnel. "La pénétration des univers adverses était le cœur du métier des agents secrets de cette période". Leur rôle était alors "d'arracher aux autres des secrets qu'ils voulaient cacher" mais il était fréquent qu'une puissance fasse "tomber de son côté" quelqu'un qui était "chargé de la combattre". Jean Guisnel croit savoir que George Blake "ne regrettait absolument pas" d'avoir trahi la Grande-Bretagne.

"C'était vraiment deux blocs qui s'affrontaient alors qu'aujourd'hui, on est plus dans un terrain d'espionnage tous azimuts, tout le monde espionne tout le monde", a commenté le journaliste au Point.

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