Le Mémorial de la Shoah n'emploiera plus le terme de "régime de Vichy" sur demande du maire de la commune

Le directeur du Mémorial de la Shoah, à Paris, a annoncé dans une lettre adressée au maire de Vichy, que l'institution n'utiliserait plus l'expression "régime de Vichy" dans ses publications et sur son site internet.

Illustration. Le Mémorial de la Shoah, en janvier 2018.
Illustration. Le Mémorial de la Shoah, en janvier 2018. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Dans une lettre rendue publique sur Twitter, la direction du Mémorial de la Shoah, à Paris, a indiqué que l'institution n'utiliserait plus l'expression "régime de Vichy" dans ses publications et sur son site internet, rapporte France Bleu Pays d'Auvergne.

Jacques Fredj, le directeur du Mémorial répondait à une demande de longue date du maire de Vichy (Allier), Frédéric Aguiléra, qui ne veut plus voir sa commune associée au nazisme.

"Certaines villes (…) sont marquées au fer rouge par l'histoire de la Seconde guerre mondiale alors que le choix du lieu revenait aux Nazis ou aux autorités départementales", écrit Jacques Fredj. "80 ans après l'avènement du pétainisme dans notre pays, je pense qu'il est temps d'abandonner ces formules", poursuit le directeur du Mémorial. Cette décision, si elle est validée par un conseil scientifique, donnera lieu à l'utilisation d'une "autre terminologie".

Un combat de longue date

Le maire de Vichy, qui avait sollicité le Mémorial de la Shoah à ce sujet, a salué ce pas symbolique sur Twitter ce vendredi 7 février : "Parfois je me dis que le combat pour défendre notre ville, n’est pas totalement vain ! "

Frédéric Aguiléra avait déjà interpellé Emmanuel Macron, l'été passé. À l'époque, le président de la République avait utilisé l'expression "les heures sombres de Vichy", dans un discours, durant les cérémonies du 75e anniversaire du débarquement en Provence. Frédéric Aguiléra avait alors mis à disposition, dans sa mairie, des cartes postales pré-remplies à envoyer à l'Elysée. Elles invitaient le chef de l'Etat à venir à Vichy pour qu'il y voie une ville définie par autre chose que l'amalgame avec le régime de Pétain.