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Cinéma : Arletty encore dans les esprits, 30 ans après sa disparition

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Cinéma : Arletty encore dans les esprits 30 ans après sa disparition
Cinéma : Arletty encore dans les esprits 30 ans après sa disparition Cinéma : Arletty encore dans les esprits 30 ans après sa disparition (FRANCE 3)
Article rédigé par France 3, Valérie Gaget - V. Gaget, R. Asencio, Q. Gilles, V. Huon
France Télévisions - Rédaction Culture
France 3

Trente ans après sa mort, personne n'a oublié le talent et la gouaille d’Arletty. Dans le quartier du Canal Saint-Martin, à Paris, décor du célèbre "Hôtel Du Nord", la comédienne a laissé une empreinte indélébile. Les plus anciens s'en souviennent encore aujourd’hui.

"Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?"  Voilà l’une des plus célèbres répliques du cinéma français, à tel point qu’elle résonne encore aujourd’hui dans le quartier du Canal Saint-Martin, à Paris. On l'ignore souvent mais pour le film éponyme, l'"Hôtel du Nord" avait été reconstitué en studio. L'original se trouve toujours sur le quai de Jemmapes. Grâce à la mobilisation des cinéphiles et des habitants du quartier, sa façade a été classée Monument historique en 1989. Guillaume Manikowski a racheté le bâtiment en 2013 et a transformé le rez-de-chaussée en bar-restaurant. Avec des affiches, des photos en noir et blanc, il cultive le souvenir d’Arletty. Selon lui, la belle gouailleuse, disparue le 23 juillet 1992, n'a pas été oubliée. Chaque jour, il sert des clients venus spécifiquement pour voir "l'Hôtel d'Arletty". Des parisiens, des provinciaux mais aussi des touristes étrangers.

Une insolence canaille, une femme libre

La petite Léonie Bathiat, née à Courbevoie en 1898 était la fille d'une lingère. Elle perdit son père très jeune et commença comme sténo-dactylo avant de devenir mannequin. Les plus âgés et les plus cinéphiles se remémorent ses meilleurs films: "Les visiteurs du soir", "Les Enfants du paradis" ou encore "Le jour se lève", avec Jean Gabin. L'insolence canaille d'Arletty, son inimitable accent des faubourgs, inspirent encore les auteurs, comme Élodie Menant. Dans la comédie musicale, "Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?", co-écrite avec Eric Bu, elle retrace la vie de l'actrice. Sans rien omettre. En 1941, Arletty est en effet tombée amoureuse d’un officier allemand, proche du régime nazi. Elle refusa de l'épouser. Son premier amour était mort durant la Première Guerre mondiale et elle avait juré de ne jamais se marier ni avoir d'enfant. Cette liaison sulfureuse avec un ennemi lui vaudra d'être internée à Drancy après la guerre. Elle connut alors une certaine forme de disgrâce et sa carrière s'étiola. Quand on l'interrogeait à ce sujet, elle répondait l'air bravache que si c'était à refaire elle ferait "tout pareil". Pour Elodie Menant, Arletty était une femme avant-gardiste et infiniment libre. A la fin de sa vie, la comédienne avait pratiquement perdu la vue. Elle laissait son numéro de téléphone accessible dans l'annuaire pour que d'autres non-voyants puissent l'appeler. En toute simplicité. 

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