"Napoléon a réussi à faire prendre le tournant de la République à une France qui était profondément attachée à la monarchie", estime Charles Bonaparte

"C'est un général de la Révolution, un homme qui a défendu la République", a salué sur franceinfo le descendant de Bonaparte, à l'occasion du bicentenaire de la mort de l'empereur.

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Radio France
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Charles Napoléon aux côtés de son fils, le prince Jean Christophe Napoléon, lors de la la commémoration du 250e anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte à l'hôtel de ville d'Ajaccio (Corse), le 15 août 2019. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

"Napoléon a réussi à faire prendre le tournant de la République à une France qui était profondément attachée à la monarchie", a déclaré mercredi 5 mai sur franceinfo Charles Bonaparte, arrière-arrière-petit-fils de Jérôme, le frère cadet de Napoléon. Emmanuel Macron a salué l'oeuvre en "clair-obscur" de Napoléon Bonaparte, invitant à "regarder l'Histoire en face et en bloc", 200 ans jour pour jour après le décès en exil de l'empereur dont le riche héritage est devenu "une part de nous."

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franceinfo : Que reste-t-il de Napoléon ?

Charles Bonaparte : Il a réussi à faire prendre le tournant de la République à une France qui jusqu'à la Révolution était profondément attachée à la monarchie. Il a fallu prendre d'énormes risques personnels, politiques, faire preuve d'une puissance d'imagination et d'un travail considérable pour se libérer du poids des idées du passé et pour lancer la France dans de nouvelles perspectives. Je trouve ça remarquable et d'une certaine manière cela peut continuer à nous inspirer face aux défis de l'époque.

Comment observez-vous le débat actuel sur son héritage ?

Ce débat est plutôt sain. Il est normal que chaque génération interroge l'Histoire en fonction de ses propres préoccupations.

"Poser aujourd'hui la question de l'égalité des hommes sur la planète au travers la question de l'esclavage, la question de l'égalité des hommes et des femmes au travers du questionnement sur la façon dont le code civil traitait les femmes, cela me paraît tout à fait normal."

Charles Bonaparte

à franceinfo

Peut-on dire qu'il a fait prendre le tournant de la République alors qu'il a été sacré empereur ?

Bien entendu qu'on peut le dire, on peut même l'affirmer très fortement. Au moment du sacre, qui n'était finalement qu'un habillage d'un pouvoir personnel, il a pris un serment très important qui était l'engagement solennel de maintenir les conquêtes de la Révolution. C'est un empereur plus à la mode romaine, c'est-à-dire le pouvoir d'un homme sur ce qui reste malgré tout une République. Ce qui est important c'est que pendant l'Empire les institutions mises en place sous le Consulat continuent à produire leurs effets.

Certains historiens le considèrent comme le fossoyeur de la Révolution française. Qu'en pensez-vous ?

Je crois que le fossoyeur de la Révolution était la Révolution elle-même parce qu'on ne peut pas conduire plus de 10 ans des désordres sans que cela ait des conséquences sur la vie des gens. A un moment ou à un autre, il faut stabiliser les choses, stabiliser la situation politique, on l'a vu dans toutes les révolutions de la terre. Ce qu'il a fait c'est qu'il a mis en application les lois de la Révolution. Pendant la Révolution, deux ou trois exemplaires du Code civil étaient sorti.

A-t-il revendiqué un héritage de la Révolution ?

C'est un général de la Révolution. C'est un homme qui a défendu la République. Il se revendiquait totalement des idéaux de la Révolution et le premier consul met en œuvre les conquêtes de la Révolution et l'assume.

Etait-il un conquérant ou un tyran ?

Le conquérant c'est l'homme qui conquiert des terrains, après la question de la tyrannie c'est autre chose. La question de la tyrannie est relative au gouvernement de la France et au caractère tyrannique de son gouvernement. Il est certain qu'au regard des critères d'aujourd'hui cela peut apparaître comme un gouvernement tyrannique. La liberté de presse était très contrôlée, les écrivains craignaient Napoléon, mais il n'empêche qu'il s'éditait des livres.

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