"Lyon capitale du rock" : une exposition fait revivre la parenthèse punk 1978-1983

Au tournant des années 70 et 80, une sève punk rock coulait dans les artères lyonnaises. Au point que le quotidien Libération qualifiait Lyon de "Capitale du rock". Une exposition qui vient de débuter à la Bibliothèque Part-Dieu revient sur cette époque.

Starshooter, Carte de Séjour, Marie et les Garçons, Ganafoul, Electric Callas: ces noms vous disent-ils quelque chose ? Si vous avez moins de trente ans, il y a des chances que vous ayez échappé à ces groupes rock lyonnais des années 80. Car la capitale des Gaules fut une place forte du rock durant une "parenthèse enchantée", entre 1978 et 1983.

Une exposition à la bibliothèque municipale de Lyon plonge le visiteur dans ce passé mouvemementé, retraçant au jour le jour l'effervescence de cette histoire musicale au travers de 1.500 documents, billets de concerts, affiches, photographies, pochettes, goodies. Via des concerts, projections et rencontres, l'exposition tente aussi de jeter un pont entre ce passé musical et l'actuelle scène lyonnaise florissante. 

Exposition Lyon Capitale du Rock 1978-1983
Du 15 mai au 21 septembre 2019
Bibliothèque Municipale de Lyon

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C'est une photo de Marie et les Garçons qui orne l'affiche de l'exposition Lyon capitale du roc à la Bibilothèque municipale de Lyon. Formé en 1975 par des élèves du lycée de la Croix-Rousse Saint Exupéry sous le nom de Femme Fatale, ce groupe mythique de punk new-wave s'inspirait de ses idoles du Velvet Underground et de David Bowie. Liliane Vittori
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Le groupe lyonnais Electric Calas à Valsone en 1978. Formé en 1976 autour du chanteur Jean-Gilles Posada, Electric Callas est une formation culte qui, sur la foi de deux 45T et en quatre en seulement d'existence, est devenu culte. JEAN-PAUL BAJARD
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Un corner est consacré à Electric Callas à l'exposition Lyon Capitale du Rock à la Bibliothèque municipale de Lyon. Bibliothèque municipale de Lyon
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Carte de Séjour, le groupe lyonnais emmené par Rachid Taha, en 1987 à Fourvière est le premier groupe à faire du punk rock arabe, mélangeant les musiques du Magrheb et le punk de Iggy Pop et The Clash (que Rachid Taha inspirera en retour pour leur Rock The Casbah). Dans un contexte de progression de l'extrême-droite, le coup d'éclat de Carte de Séjour sera de reprendre Douce France de Charles Trenet à la sauce orientale en 1986. Une version à la fois ironique et sincère qui fera un temps du groupe le flambeau de l'anti-racisme. JEAN-PAUL BAJARD
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Jacques Higelin en mai 1978 au Rock'n'Roll Mops de Lyon. Dans les années 70, le rock a mauvaise réputation à Lyon et les salles lui sont interdtes par la municipalité. Il manque donc des lieux pour faire vivre tout cette verve rock qui ne demande qu'à s'exprimer. Un groupe de passionnés menés par les frères Demonet crée un lieu dédié au rock : le Rock'n'Roll Mops qui ouvre ses portes au printemps 1978.  JEAN-PAUL BAJARD
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Starshooter, les flamboyants sales gosses du punk rock lyonnais en 1977. Ce groupe connu à l'époque comme une pointure du punk rock français, à l'instar de Téléphone ou Bijou, a fait ses premiers pas au lycée Saint-Exupéry de la Croix- Rousse, comme Marie et les Garçons. Ils feront ensuite les premières parties d'Iggy Pop, de Jacques Higelin ou des Damned. PHILIPPE GRAS / LE PICTORIUM / MAXPPP
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Une vitrine de l'exposition Lyon Capitale du Rock montre des T-shirts de Starshooter, pour Get Baque, leur reprise irrévérencieuse du Get Back des Beatles, 45T qui sera retiré de la vente au bout d'une semaine par leur maison de disque EMI... qui est la même que celle des Fab Four. Bibliothèque municipale de Lyon