"The Beautiful Ones" : les mémoires inachevés du chanteur Prince, un ouvrage "bouleversant"

"The Beautiful Ones - Mémoires inachevés" paraît mardi au États-Unis. Deux jours avant sa sortie en France, franceinfo vous dévoile la tonalité de cet ouvrage consacré au chanteur décédé en 2016.

Prince, 1986.
Prince, 1986. (SUNSHINE / MAXPPP)

Les mémoires posthumes et inachevés du chanteur Prince paraissent mardi 29 octobre aux États-UnisDeux jours avant la sortie en France de The Beautiful Ones - Mémoires inachevés aux éditions Robert Laffont, franceinfo vous dévoile la tonalité de cet ouvrage qui rassemble de nombreux documents inédits, en plus du texte que l'artiste avait commencé à écrire quelques mois avant sa mort, le 21 avril 2016.

Même les génies ont une enfance. Les origines de Prince, voilà ce que l’on découvre dans ce récit. La partie la moins documentée de sa vie, la plus secrète, celle dont il n’avait jamais vraiment parlé. Jean-Philippe Guérand, qui a traduit le récit en français, a découvert "deux Prince très distincts".

J'ai découvert le petit garçon de Minneapolis, qui n'a pas une vie familiale très heureuse, qui est ballotté, et puis l'homme qui a réussi en faisant tout tout seul.Jean-Philippe Guérand, traducteur en français de "The Beautiful Ones"à franceinfo

Selon Raphael Melki, qui est l’un des meilleurs spécialistes de Prince en France, cette période de l'enfance a beaucoup joué sur la vie de l'artiste. "La séparation des parents, le fait de découvrir que sa mère avait des secrets - le premier paragraphe parle d'ailleurs de cela - est quelque chose qui l'a beaucoup marqué. Ce sont les premières choses qu'il a envie de coucher sur le papier."

À lire les mots de Prince, on comprend aussi que cette enfance malheureuse explique, en grande partie, son obsession pour la musique, et le contrôle total de son œuvre. "C'était tout pour lui la musique. Et le fait de vouloir tout maîtriser, de vouloir jouer de tous les instruments, c'était aussi un moyen de dire : 'C'est à moi et ce n'est qu'à moi", analyse Jean-Philippe Guérand.

Le partage d'un héritage intime et artistique

Le livre est constitué de plusieurs éléments. Une trentaine de pages écrites par Prince, mais aussi des commentaires faits par l’artiste à la lecture de son propre texte. Et puis un album de photos très personnelles, intimes, inédites, annotées par lui. "Tout ça, il l'avait gardé dans son coffre, explique Jean-Philippe Guérand. Finalement, son coffre était à la fois son coeur et son cerveau. C'était cet endroit qu'on imagine magique de Paisley Park où il avait remisé tous ses souvenirs." 

Des souvenirs qui ressurgissent aujourd’hui. Mais au-delà de la biographie, apparaît aussi la volonté de Prince d’être utile à ses lecteurs, particulièrement en matière de création, de la part de celui qui s’est battu farouchement pour sa propre liberté artistique.

Il part sur cette idée d'autobiographie, et assez vite il veut qu'au-delà de se raconter, son histoire puisse servir aux autres : sa vision de l'industrie musicale, la manière de pousser les artistes à s'auto-produire, à aller toujours plus loin... Raphael Melki, spécialistes de Prince en Franceà franceinfo

Pour mener à bien ce projet, Prince avait choisi un co-auteur. Le récit inachevé de l’artiste est complété par le making-of de cette rencontre, l'histoire des derniers mois de la vie de Prince. La boucle est donc bouclée, dans un livre très sincère, qui par ailleurs n’est pas dénué de qualités littéraires, nous dit son traducteur Jean-Philippe Guérant : "S'il avait pu aller au bout de son projet, on aurait eu une sorte de poème. Certains passages sont bouleversants aussi par la façon dont il les exprime". Au final, à travers ce texte, c’est l’humain qui apparaît, derrière l’artiste autrefois connu sous le nom de Prince.

Le reportage d'Ersin Leibowitch
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