La Fouine "ne peut pas croire" que Booba ait "envoyé quelqu'un pour lui tirer dessus"

Le rappeur, dont la voiture a été visée par des tirs de fusil lundi, met son rival hors de cause dans un entretien au "Monde".

Le rappeur La Fouine lors d\'un concert à Bourges (Cher), en avril 2011.
Le rappeur La Fouine lors d'un concert à Bourges (Cher), en avril 2011. (ALAIN JOCARD / AFP)

Il s'exprime pour la première fois depuis que sa voiture a été la cible de tirs, lundi à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Dans un entretien au Monde, le rappeur La Fouine donne sa version des faits, jeudi 7 février. Morceaux choisis. 

Sur son clash avec Booba

"Je hais Booba et Booba me déteste, mais cela reste des mots. Le pire que l'on pouvait faire, c'est se battre. Mais là, je ne peux pas croire que Booba m'ait envoyé quelqu'un pour me tirer dessus"dit La Fouine à propos de son rival, avec qui il échange des invectives depuis plusieurs semaines par chansons interposées, sur fond de guerre d'ego et de stratégie marketing. Les deux rappeurs se croisent souvent à Miami (Floride), où ils sont voisins. 

"Je suis en compétition avec Booba, mais cela reste de la musique : qui est le meilleur MC ? Qui est celui qui va le plus ridiculiser l'autre ? Jamais je n'aurais imaginé que l'on allait me tirer dessus..." ajoute-t-il. 

"Il y a même des gens qui vont jusqu'à dire que j'ai tout monté pour que l'on parle de mon disque. Mais je n'en ai pas besoin, ma chanson J'avais pas les mots marche très bien", souligne le rappeur, âgé de 31 ans, dans cet entretien.

Sur l'auteur des tirs

La voiture de La Fouine été visée par deux coups de feu lundi peu avant 5 heures du matin, alors qu'il rentrait d'une soirée organisée dans une boîte de nuit pour la sortie de son cinquième album. Deux impacts de balle ont été constatés sur le véhicule par les policiers et deux douilles de 22 long rifle, du petit calibre, ont été retrouvées sur place. Une enquête pour tentative d'homicide volontaire, confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne, a été ouverte.

S'il innocente Booba, La Fouine soupçonne-t-il quelqu'un d'autre ? "Ce sont peut-être des fans, peut-être des jaloux, peut-être des gens qui attendaient la bonne occasion..." suppose-t-il.

Laouni Mouhid, de son vrai nom, précise qu'il n'a pas porté plainte pour "ne pas faire de surenchère". "De toute façon, ça ne change rien, c'est une enquête criminelle. Et rien ne m'empêchera de revenir sur ma décision", estime-t-il. Selon lui, la personne qui a tiré sur son véhicule "était bien renseignée". "Elle savait quand je rentrais. Elle devait avoir un complice dans la boîte de nuit qui l'a informée de mon départ et de ma position dans la voiture", car "c'est la portière où j'étais assis qui a été touchée". "Celui qui a fait ça, ils vont le retrouver, assure-t-il. Saint-Maur-des-Fossés, c'est tout petit, il y a des banques partout, avec des caméras."

Sur ses rapports avec la police

"Dans votre album, vous rappez : 'Nique sa mère le commissaire et son salaire de misère.' Comment avez-vous été reçu [au commissariat] ?", interroge Le Monde. Réponse de l'intéressé : "Jacques Brel chantait : 'Les bourgeois, c'est comme des cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête.' Ce n'est pas pour ça qu'il n'en fréquentait pas."

La Fouine ajoute que lorsqu'il est allé faire sa déposition, l'inspecteur avait un poster de Booba au-dessus de son bureau. "Il l'a enlevé, et m'a dit : 'C'est un collègue qui voulait vous faire une blague.'"