Festival de Cannes : "Moonage Daydream" explose le format traditionnel du biopic pour raconter David Bowie

Dans le documentaire "Moonage Daydream" de Brett Morgen, présenté hors compétition au festival de Cannes lundi 23 mai, le spectateur plonge dans l'intimité de David Bowie grâce à des images d'archives restaurées par le réalisateur américain. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un extrait du documentaire Moonage Daydream sur la vie de David Bowie présenté au festival de Cannes le 23 mai 2022.  (FESTIVAL DE CANNES)

Oubliez les films traditionnels autour de la vie de rock stars, des récits à la narration souvent chronologique et convenue. Dans Moonage Daydream, présenté hors compétition au festival de Cannes 2022 lundi 23 mai, le réalisateur américain Brett Morgen casse les cadres traditionnels du biopic pour plonger profondément dans l'intimité de David Bowie grâce à une explosion (le terme n'est pas trop fort) d'images d'archives qui battent au rythme des morceaux de la star du glam-rock. 

Un documentaire psychédélique 

Dès les premières minutes, le spectateur est témoin du choix radical de Brett Morgen : ne pas poser de voix off sur les images et laisser libre cours à une profusion de performances sur scène et d'entretiens de David Bowie avec des journalistes de l'époque. La succession de plans colorés donne un aspect psychédélique à ce long-métrage, qui n'en respecte que plus l'ADN du créateur de Ziggy Stardust. 

La force de ce documentaire sur l'interprète de Heroes ou Space Oddity est surtout de creuser le travail créatif et la personnalité complexe de David Bowie plutôt que de raconter sa vie. Les archives inédites auxquelles Brett Morgen a eu accès ne sont pas réparties chronologiquement mais par thèmes (le processus de création, l'art et l'argent, etc.). Pas de fiche chronologique façon Wikipédia, mais un joyeux bazar qui oscille dans le temps et l'espace. Même si à trois périodes de sa vie (à 25, 35 et 45 ans), David Bowie explique devant la caméra en quoi il gagne en paix intérieure avec l'âge, sans rien lâcher de sa volonté de créer. 

David Bowie présenté sous son meilleur profil

Moonage Daydream, du nom d'un morceau de Ziggy Stardust, le cinquième album de Bowie en 1972, n'échappe pourtant pas à quelques défauts habituels des films du genre. 

C'est la famille de Bowie qui a ouvert à Brett Morgen la malle aux trésors remplie d'archives inédites. Cet Américain, qui avait déjà signé le documentaire Kurt Cobain : Montage of Heck, prend donc garde à ne pas trop noircir le tableau. À chaque fois qu'elle s'exprime à l'écran, la légende britannique disparue en janvier 2016 apparaît sous son meilleur jour, affirmant vivre sa meilleure vie lors de ses premiers succès sur scène au Royaume-Uni, puis lors de ses exils à Los Angeles, Berlin-Ouest et en Asie du Sud-Est. 

En revanche, rien dans les sélections d'interviews sur les addictions de David Bowie et son goût du luxe. Même si les quelques images de lui vautré dans un lit XXL et se faisant servir des cocktails à la chaîne ont le mérite d'exister. Enfin, Moonage Daydream traîne en longueur dans sa dernière partie. Dans la dernière demi-heure de ce long biopic (2h20), le rythme ultra-rapide des images défilant à l'écran menace de saouler le spectateur. 

L'affiche du documentaire "Moonage Daydream". (FESTIVAL DE CANNES)

La fiche

Genre : documentaire
Réalisateur :
Brett Morgen
Production musicale : Tony Visconti
Acteur : David Bowie
Pays :
États-Unis
Date de sortie : septembre 2022
Durée : 
2h20
Distributeur : 
Universal Picture Content Group

Synopsis: Moonage Daydream est une odyssée cinématographique à travers l'oeuvre créative et musicale de David Bowie. Dévoilant des images d'archives inédites, le documentaire réalisé par Brett Morgen a nécessité cinq ans de travail, avec le soutien et la complicité de la famille et des collaborateurs de Bowie. 

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