Le pianiste Nicholas Angelich, virtuose américain adopté par la France, est mort à 51 ans

Le pianiste américain Nicholas Angelich, qui excellait autant dans le répertoire romantique que contemporain, est mort lundi à l'âge de 51 ans.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Nicolas Angelich (2019) (SADAKA EDMOND/SIPA)

"Américain de naissance, mais installé à Paris, Nicholas souffrait d'une maladie respiratoire", a indiqué dans un communiqué l'agence artistique Jacques Thelen, en soulignant que Nicholas Angelich, pianiste virtuose, ne s'était plus produit sur scène depuis juin 2021. 

Nicholas Angelich : l’un des pianistes les plus remarqués des trente dernières années. Entre autres reconnaissances, il avait reçu aux Victoires de la musique classique, la Victoire du soliste instrumental de l'année en 2013 et en 2019. L'annonce de la mort du musicien a déclenché une série d'hommages. "Comme ta sonorité, tu étais lumineux et tendre à la fois (...) Je ne jouerai plus jamais une note de Brahms sans être près de toi", a réagi sur Twitter le violoniste français Renaud Capuçon, en saluant la mémoire d'un "pianiste hors norme" et d'un "ami sensible, fidèle, généreux".

Ouvert à d'innombrables influences

Né aux Etats Unis en 1970 dans une famille venue d’Europe centrale, il a donné son premier concert à sept ans. Il s'est installé à Paris à l'âge de treize ans pour entrer au Conservatoire National Supérieur de Paris et suivre surtout l'enseignement d'Aldo Ciccolini ("un grand maître", disait-il), puis de tant d’autres professeurs. Nicholas Angelich était un musicien reconnu et respecté universellement.  La rencontre, l’échange, étaient ses maîtres mots.

"J’ai eu la chance d’avoir été très tôt confronté à différentes cultures", nous avait-il expliqué lors d'une longue interview en 2016"Pour moi ça a été une grande aventure de venir en Europe, depuis les Etats-Unis, à l’âge de treize ans. C’est quelque chose d’extrêmement enrichissant et ça fait de vous une personne différente, mais il faut essayer de trouver un sens, pour essayer de comprendre les choses (...) Si on veut apprendre, donc, il faut être ouvert à différentes choses". 

De ses origines, de ses multiples influences, il a fait sa force. "Je suis Américain, mais mes origines sont d’Europe centrale ou de l’Est. Mais ma mère - qui m’a formé initialement - avait étudié avec un pianiste qui avait été l’élève de Lazare-Lévy et de Cortot, grandes figures parisiennes ! (...) On peut encore ajouter d’autres influences : ma mère étant née en Russie, l’école russe n’est pas loin (...) et mon père m’a transmis à son tour l’expérience du grand orchestre américain dans lequel il jouait. Au total, il y a beaucoup de choses qui comptent", s'évertuait-il à répéter.

Brahms, Liszt, Beethoven...

Angelich était un grand interprète des oeuvres pour piano de Beethoven, Brahms et Liszt, mais aussi des compositeurs du XXe siècle, parmi lesquels Messiaen, Stockhausen, Boulez ou Bruno Mantovani. Il s'était produit avec de nombreux orchestres internationaux prestigieux, sous la direction de grands chefs comme Charles Dutoit, Sir Colin Davis, Kurt Masur ou Myung-Whun Chung.

Dans la décennie 2000, Nicholas Angelich a consacré de nombreux disques à l'un de ses compositeurs de référence, Brahms : depuis les Concertos pour piano, no 1 et no 2, aux Variations Paganini, en passant par les Trios et Quatuors pour piano et cordes avec Renaud et Gautier Capuçon, complices de toujours et les Sonates pour violon et piano, avec Renaud Capuçon seul.

Il a également enregistré les concertos 4&5 de Beethoven avec le Insula Orchestra et la cheffe d'orchestre Laurence Equilbey, sa dernière parution, en septembre 2018 et surtout l'intégrale des Années de pèlerinage de Liszt.

Ce week-end de Pâques aura été marqué par les décès coup sur coup de deux grands noms du piano, Nicholas Angelich et Radu Lupu, ainsi que du compositeur Harrison Birtwistle.  

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