Saint Laurent renonce à la fourrure animale : "Un mouvement profond et irréversible", se réjouit la Fondation Brigitte Bardot

Le porte-parole de la fondation salue la décision du groupe Kering qui regroupe notamment les marques de haute couture Saint-Laurent, Gucci, Balenciaga et Alexander McQueen, de renoncer à utiliser des fourrures animales.

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Un vison dans une cage de l'élevage de visons à Montarlot-lès-Rioz (Haute-Saône). Photo d'illustration. (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / FRANCE-BLEU BESANÇON)

Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, a estimé que la fin de l'utilisation de la fourrure animale dans la mode était "un mouvement profond et irréversible" alors le groupe de luxe Kering a annoncé qu'il n'utiliserait plus cette matière symbole du luxe dans ces prochains défilés, notamment ceux de Saint Laurent. Il a lancé un appel à Bernard Arnault, patron du groupe LVMH pour qu'il s'inscrive dans ce "mouvement de progrès et de respect du vivant".

Christophe Marie : Saint Laurent, c'est un emblème fort ?

Enfin ! Cela fait tellement d'années qu'on dénonce les conditions d'élevage et de piégeage des animaux pour la fourrure. C'est très fort parce qu'effectivement Saint Laurent, pour le coup, était quand même très rattaché et associé à la fourrure. Ce qui nous semble vraiment important, c'est le fait que la société évolue et que les clients, y compris dans le monde du luxe, bien évidemment, évoluent également. 

Il y a une conscience sur la problématique de la souffrance animale, mais aussi une conscience écologique de plus en plus forte.

Christophe Marie

à franceinfo

La fourrure c'est aussi un symbole du luxe. Ce n'est pas facile d'en sortir, si ?

Les fourrures sont présentées comme un élément de luxe. Mais en fait, elles viennent essentiellement d'élevage intensif en cage. Vous avez des animaux sauvages qui sont sur du grillage. Ce sont des industries polluantes. Donc ça n'est absolument pas quelque chose de luxueux. C'est de la cage, comme pour les poules pondeuses. Il y a aussi beaucoup d'animaux qui sont piégés qui se mutilent pour essayer de s'échapper. On ne doit plus rester aveugle et sourd à cette souffrance.  

L'autre grand groupe du luxe LVMH traîne un peu les pieds sur cette question-là. Il bannit seulement les fourrures d'espèces interdites.

C'est un peu ridicule de dire cela parce que les espèces en danger sont protégées dans le monde par une convention internationale. Si simplement c'est de dire : on va faire de l'élevage en cage pour avoir des fourrures, cela n'enlève en rien la souffrance des animaux. On a fait un appel à Bernard Arnault pour lui dire : il faut inscrire aussi le groupe LVMH dans ce mouvement de progrès et de respect du vivant. Visiblement, sa réponse est de dire on laisse nos maisons prendre des décisions par elles-mêmes, les différentes maisons de couture qui sont rattachées au groupe. Je pense quand même que c'est un mouvement assez profond et irréversible.

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