EN IMAGES. Fashion Week féminine automne-hiver 2020-21 : ces looks qui nous ont tapé dans l’œil

69 maisons ont présenté du 24 février au 3 mars 2020 leur prêt-à-porter féminin pour l'automne-hiver 2020-21. Retour en images

Il s'est dégagé une élégance empreinte de nostalgie lors de la Fashion Week parisienne présentant les collections automne-hiver 2020-21. Une élégance qui sera pimentée, pour les plus audacieuses, avec des pièces en latex et des cuissardes. "On a des matériaux qui vont accompagner ces changements avec de la fluidité et de la légèreté. On va probablement revenir vers des choses plus sexy, plus près du corps, après avoir couvert depuis des années le corps de XXL et de superpositions", a déclaré Pascaline Wilhelm, directrice mode du salon Première Vision.

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"Sommes-nous liés au-delà des langues et des cultures par les émotions que nous partageons ?", s'interroge le créateur japonais Satoshi Kondo, qui a présenté sa deuxième collection pour la ligne femme Issey Miyake. Les mannequins - des femmes et hommes de tailles et de morphologies différentes - ont défilé en groupes liés entre eux par une manche de leur robe ou leur tunique ample, en blanc, noir, jaune, orange et violet. Ces mini chorégraphies clôturaient ce défilé poétique où les mannequins souriaient et saluaient les invités... autre marque de fabrique sympathique de la maison et attitude peu courante dans le milieu de la mode. Un show Issey Miyake constitue toujours une sorte de parenthèse dans le rythme effréné de la PFW. Le défilé avait débuté par des silhouettes dessinées en noir sur un mur de papier blanc, puis découpées pour créer des portes permettant le passage des mannequins : les premières habillées en pièces moulantes blanches structurées par des bandes noires. Une ligne peu habituelle pour la marque, connue pour son plissé ample qui favorise la liberté du mouvement et convient à toutes les morphologies. Le créateur a aussi proposé des doudounes en jaune, gris et noir avec des pantalons assortis dont le haut et le bas se modulent grâce à des zips multiples.  THIERRY CHESNOT / GETTY IMAGES EUROPE
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Le créateur new-yorkais Thom Browne, familier des univers insolites mais très souvent romantiques, a fait défiler ensemble l'homme et la femme. Deux par deux, trente-trois couples, habillés de la même façon, ont déambulé dans une forêt enneigée. Leur garde-robe est identique, tout en étant une garde-robe d'homme et une garde-robe de femme. C'est un répertoire classique de trenchs, vestes, capes, pantalons, jupes plissées, jupes drapées, chemises oxford et cravates. Les proportions sont exagérées. Construit et déconstruit, le pantalon devient taille haute. Il est drapé autour du buste. La palette est déclinée dans des tons de gris, bleu marine et gris ainsi que noir et blanc. Du côté des matières, c'est du tweed, de la flanelle et du cachemire militaire pour des modèles arborant des rayures, des carreaux pied-de-poule et Prince de Galles. 
FRANCOIS GUILLOT / AFP
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"Un élan très simple, très pur. Du romantisme mais sans fioritures. Des sentiments mais pas de froufrous", explique Virginie Viard, la directrice artistique de Chanel qui a installé son show dans un décor d'une simplicité déroutante à l'opposé des décors grandioses orchestrés par Karl Lagerfeld. "Du mouvement, de l’air… Pour le défilé, pas de cadre. Je n’aime pas ce qui encadre". La collection est inspirée du film de Claude Chabrol Les Biches sorti en 1968, et qui parle de l'amour entre une riche bourgeoise et une jeune fille bohème qui dessine des biches à la craie sur le Pont des Arts. Pour cette collection "presque pas de robes mais des casaques. Des jodhpurs qui s’ouvrent sur des bottes de sept lieues, clin d’oeil à celles de Karl. Pour la première fois sur les tailleurs, des boutons-pression pour le geste, plus vif", poursuit Virginie Viard. Beaucoup de noir et de blanc. Juste quelques touches de vert pâle et de ce rose emblématique de la maison. Une douceur, une épure, ponctuée de bijoux imposants.  MATHIEU BONNIN
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Et si toutes ces époques historiques qui ont nourri la mode, pouvaient se retrouver ensemble ? Louis Vuitton a réuni un choeur de deux-cents personnes en costumes allant du XVe siècle à 1950. Nicolas Ghesquière, créateur des collections femme de la maison française, a fait appel à Milena Canonero, costumière de Stanley Kubrick qui a travaillé sur Orange Mécanique, Barry Lyndon et Shining. La bande-son composée par Woodkid et Bryce Dessner s'appelle "Three hundred and twenty" (320), soit le nombre d'années réunies dans cette musique baroque. "La notion du temps est primordiale dans la mode. Je voulais que des époques puissent en regarder une autre, la nôtre. Tous ces passés, incarnés par cette tribune de personnages en costumes historiques, sont dans le même temps présent que nous... Tout ce que nous pouvons faire avec les vêtements, les mélanger, les mixer. C’est une sorte d’anachronie des genres" explique le créateur avant d'ajouter : "cette collection, c’est l’anti total look qui fait appel à la personnalité de chacun, à l’agilité que l’on peut avoir face à son vestiaire… Cette collection, c’est du tuning vestimentaire". Louis Vuitton soutient une exposition sur le temps et la mode baptisée About time. Fashion and duration qui sera inaugurée en mai à New York pour célébrer le 150e anniversaire du Metropolitan Museum of Art. 
PETER WHITE / GETTY IMAGES EUROPE
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La créatrice japonaise Junko Shimada invente une garde-robe Renaissance du XXIe siècle. Du côté des matières et des textures : du cachemire ultra dense, du mohair duveteux, des pannes de velours mais aussi des cuirs ultra souples, de l'organza mat et du satin duchesse. Les imprimés et les motifs graphiques se déploient sur toute la collection : jacquards “Vinci“ démultipliés, semis de fleurs Botticelli, paysages en clairs obscurs surdimensionnés. La palette des couleurs offre des contrastes avec des tartans électriques jaune & noir, bleu vif & noir, violet ou encore orange & noirs, des pois noir sur fond rubis ou orange sanguine, des tonalités veloutées d’automne (rouille, parme, souris, mousse) ainsi que des nuances acidulées de pierres précieuses, des ors cuivrés et du blanc immaculé. Pour les silhouettes : des tailleurs perfecto côtoient des doudounes, des jupes crayons, des cache-poussière, des robes drapées, des caftans portés sur d'amples pantalons, des chasubles, des blouses, des manteaux de madones et des jupes d’infantes.  FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Christine Phung puise toujours dans l’héritage Léonard pour ses collections twistées de modernité. Une orchidée exotique sur fond sombre a été le point de départ de la collection, et se retrouve sur une chemise graphique ou un pantalon évasé à taille haute avec des poches plaquées à l’avant, un clin d’œil aux années 70. "Ce qui est fascinant avec une fleur, c’est le vide qui l’entoure, sa relation avec l’imprimé et la façon dont elle donne vie à la silhouette", note la créatrice. La maison explore le délicat équilibre entre motifs et couleurs unies utilisant des coupes ajustées pour souligner les imprimés, par exemple sur un ensemble sportswear rouge matelassé, associant une veste courte d’inspiration chinoise et un pantalon à revers avec un imprimé plumes de coq. Les fleurs des archives réapparaissent déconstruites, recoupées et recomposées sur les vestes et les robes. La ligne s’enrichit de doudounes matelassées parsemées de fleurs et de bandes. A noter aussi des matériaux futuristes, comme le taffetas technique et le néoprène.  CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA
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Kenzo... c'est tout d’abord, le premier voyage initiatique, celui d'un jeune Japonais qui veut découvrir la France. Il ne sait rien de Paris, seulement que cette ville est le territoire de la haute couture. Kenzo Takada ne parle pas français mais connaît la langue des couleurs et va allier sa poésie asiatique à la rigueur des coupes européennes. La première collection automne-hiver 2020-21 de Felipe Oliveira Baptista propose un aller-retour d’un créateur à l’autre. S’y mêlent deux personnalités où les points communs deviennent des angles de convergence vestimentaire dont il se dégage un esprit nomade. C'est un vestiaire à l'élégance urbaine : manteaux réversibles entre l’uni et l’imprimé, doudounes qui deviennent des sacs de couchage, robes structurées par des armatures zippées. Les couleurs viennent de la nature, enluminées parfois par des imprimés camouflages qui sont en fait des trompe-l’oeil de roses. A noter des robes tableaux tirées des oeuvres de Julio Pomar, peintre lisboète qui a longtemps vécu à Paris, issu du mouvement néo-réaliste et considéré comme l’une des plus grandes figures de l’art portugais du XXe siècle. Dans les années 80, il réalise une grande série sur les tigres.  ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Alessandro Dell'Acqua chez Rochas puise dans ses propres archives pour la maison française. Il mélange certaines de ses pièces iconiques avec le défilé automne-hiver 2020-21. Par ce dialogue entre passé et présent, le designer affirme que la mode est question de vêtements de bonne facture qui traversent les années et les saisons, loin d'une garde-robe jetable. Le contraste entre garde-robe féminine et masculine est ici permanent. La palette évoque aussi une élégance hors temps, électrisée par du violet ou du turquoise et par des broderies de cristaux asymétriques couleur émeraude et jade.  PETER WHITE / GETTY IMAGES EUROPE
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Cette saison, pour la première fois de sa carrière, Thom Browne présente les collections hommes et femmes conjointement dans un défilé mixte. Pour ce récit inspiré de l'arche de Noé les mannequins portent chacun un sac en cuir noir représentant un animal. Trente-trois couples, donc trente-trois paires de sacs représentant lapin, souris, cheval, éléphant, grenouille, mouton, canard, serpent.... Ils sont tous là et tous très craquants !
FRANCOIS GUILLOT / AFP