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James Ellroy : "Bien sûr que je suis un génie !"

Le grand maître du roman noir américain, auteur notamment du "Dahlia Noir" et de "L.A. Confidential", vient de publier "La Tempête qui vient", aux éditions Rivages/Noir.

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Radio France
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James Ellroy, à Paris, le 9 décembre 2016. (JOEL SAGET / AFP)

Il est l'un des plus grands auteurs américains vivants, auteur de polars massifs qui explorent l'histoire américaine récente, mais pas contemporaine : James Ellroy vient de publier La Tempête qui vient aux éditions Rivages/Noir (deuxième livre d'une série qui en comptera quatre, son nouveau "quatuor de Los Angeles"). James Ellroy était de passage à la Maison de la radio à Paris, lundi 18 novembre, pour participer à une représentation de l'opéra radiophonique Requiem for Danny, de Jean-Louis Marchand, inspiré de l'un de ses livres, The Big Nowhere. Une nouvelle expérience pour cet auteur réputé difficile, qui n'aime guère se consacrer à autre chose qu'à son travail d'écriture.

franceinfo : On dit que vous n'aimez pas le changement...

James Ellroy : Je déteste le changement. Je suis comme un chien. Un chien sait faire trois choses : chier, dormir et tuer. Je suis comme ça !

Vous n'improvisez jamais quand vous écrivez ?

Jamais je n'improvise. Parfois j'extrapole, sur une scène particulière, mais uniquement dans les limites du plan que j'ai fait avant. C'est un plan très détaillé : 500 pages rien que pour ce livre. Personne, de toute façon, ne peut garder son personnage en mémoire en permanence. Et personne ne peut jongler avec douze intrigues différentes sans avoir un schéma dessiné, détaillé de tout l'ensemble.

Pourquoi choisissez-vous des histoires complexes ?

J'aime les grandes choses. J'aime le grand art, la musique symphonique et épique. Et puis je ne veux rien faire des petites choses. Je n'aime ni les nouvelles, ni la comédie, ni les sketches. Ces livres sont des romances historiques et je ne parle pas d'histoires d'amour à l'eau de rose. Je parle du romantisme des idées, mais le romantisme des gens très puissants, avec des forces, qui sont en conflit perpétuel.

L'histoire, ce sont des faits, mais vous la traitez sous forme de fiction... Est-ce que cela marche ?

J'ai compris depuis longtemps que je pouvais faire ce que je voulais. La seule question à laquelle je refuse de répondre, c'est qu'est ce qui est vrai dans mes livres et ce qui ne l'est pas.

Vous faites un portrait peu flatteur d'Orson Welles...

Non, non, je ne l'aime pas. Je n'aime pas ses films et puis c'est tout. Ses descendants vont faire un procès ? Mais légalement, ils n'en ont pas le droit : quand quelqu'un est mort, c'est fini.

Vous dites aussi que ce livre parle des alliances dans le contexte d'une guerre...

Oui, pour qu'elles soient inexplicables. On ne peut jamais prédire ce que feront les gens. Les gens sont des êtres très complexes. C'est cela, le sujet principal : les gens, toujours les gens.

Pensez-vous être un génie ?

Je suis un génie. Bien sûr ! Parce que personne ne fait ce que je fais. C'est d'ailleurs l'un des critères qui permettent de dire qui est un génie génial ou rien. J'ai réinventé l'anglais. J'ai fait passer le langage américain dans la littérature populaire comme personne d'autre avant moi. Et je suis dans toutes les bibliothèques. Alors, oui, je vais durer !

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